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Apprentissage à 14 ans : renoncement et exclusion

mercredi 30 novembre 2005  Enregistrer au format PDF


La Fsu a été reçue par le ministre de l’Education Nationale sur la question de l’apprentissage à partir de quatorze ans, annoncée à grand fracas médiatique dès le 8 novembre par le premier Ministre. Elle a dénoncé une conception du dialogue social qui se borne à informer les organisations syndicales de mesures déjà arrêtées pour l’essentiel.

La Fsu a renouvelé son opposition à la proposition du premier ministre. Cette disposition évoquée à l’occasion de la crise des banlieues tend à faire passer des projets rétrogrades et à les appliquer sur l’ensemble du territoire.

Loin de régler le problème réel des sorties sans qualification, ce nouveau dispositif ne ferait que l’amplifier. En remettant en cause la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans et le collège pour tous, cette mesure constitue un recul historique de près de cinquante ans. Elle confirme clairement ce que nous avons dénoncé dès le départ dans la loi Fillon : un renoncement à dispenser à tous les jeunes une culture commune de qualité, l’organisation d’une scolarité à plusieurs vitesses, un tri social et une éviction précoce d’une partie de la jeunesse qui devrait se contenter d’un socle commun étriqué. Cette mesure aura pour conséquence de renforcer l’éviction précoce du système scolaire des élèves les plus en difficulté. Elle, comme d’autres, s’inscrit dans la volonté gouvernementale de rupture avec l’ambition et la nécessité d’élever la formation et la qualification de l’ensemble de la population. Elle est d’ailleurs contestée, pour ces raisons, par de nombreux représentants des branches professionnelles.

La FSU a réaffirmé lors de cette rencontre l’attachement de la profession, mais aussi de l’opinion publique, à des solutions nouvelles pour une école de qualité, porteuse d’ambition pour l’ensemble de la jeunesse et qui soit en mesure de prévenir la difficulté scolaire à tous les niveaux d’enseignement. Le collège doit faire accéder tous les jeunes au lycée, dans l’une des trois voies : générale, technologique et professionnelle. Il faut en même temps apporter des solutions immédiates et porteuses d’avenir pour les élèves âgés, volontaires, en voie de décrochage scolaire et afin d’empêcher leur sortie sans qualification. Pour ces élèves, la FSU ne revendique pas "moins d’école" mais "plus et mieux d’école".

C’est donc au sein du système éducatif, et non en dehors, que ces solutions doivent être prioritairement trouvées, y compris par des mesures transitoires en lien avec les lycées professionnel.

La FSU rappelle par ailleurs qu’il y a urgence à relancer une véritable politique d’éducation prioritaire.

29 novembre 2005


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