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CTP du MEN, déclaration FSU

jeudi 22 décembre 2011  Enregistrer au format PDF


Cette réunion est la première du CTM élu le 20 octobre dernier.
Avant le dépouillement, la FSU a dénoncé les dysfonctionnements graves qui ont conduit à une chute du taux de participation dans l’Education Nationale de 20 points. Cette chute réduit mécaniquement la place de l’Education nationale dans la Fonction publique d’Etat. Elle ne s’explique pas par des « choix personnels » de la part de nos collègues. Nous en voulons pour preuve que les taux de participation restent stables dans les autres ministères. Pour la FSU, le gouvernement, et particulièrement le Ministre de l’Education nationale, doivent assumer leurs responsabilités et accepter de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé (établissement des listes électorales, vote électronique, calendrier, dysfonctionnements techniques…). La FSU a demandé une commission d’enquête administrative ; dans sa réponse, en indiquant qu’il demande un rapport indépendant, le ministre reconnaît l’existence de dysfonctionnements sérieux ; la FSU demande la réunion rapide du groupe de travail ; elle y portera les questions déjà posées publiquement.

A l’avenir, il faudra effectivement rendre à ce scrutin son caractère solennel et collectif. C’est pourquoi la FSU se prononce pour un autre calendrier et une réelle mise en place de moyens collectifs sur le lieu de travail comme les bureaux de vote, l’organisation du vote à l’urne.
Cette première réunion intervient en l’absence de règlement intérieur, du fait des retards intervenus, en premier lieu celui de la publication de la loi (en juillet 2010) transposant des accords de juin 2008. La FSU entend bien que ce CTM soit saisi de l’ensemble de son champ de compétence, ce qui dans notre ministère n’était pas le cas du CTPM qui ne débattait par exemple jamais du bilan social, discrètement publié par le MEN. Un projet de règlement intérieur type devant être soumis au CSFPE du 19 décembre, nous demandons qu’à tout le moins certaines règles de fonctionnement soient mises en œuvre dès ce CTM, notamment celle de l’article 16 du projet prévoyant que les textes éventuellement soumis au vote soient ceux comprenant les modifications proposées par le Comité et acceptés par le Président.
Les sujets de désaccords et de mécontentements sont aujourd’hui nombreux dans l’Education nationale : nouvelle saignée de postes à la prochaine rentrée, dégradation des conditions de scolarisation des élèves, formation des enseignants, dispositifs d’évaluation des élèves, aide aux élèves en difficulté, éducation prioritaire, conditions de travail de plus en plus difficiles pour l’ensemble des personnels, réformes contestées, déstructuration des services déconcentrés aggravée par le projet de nouvelle gouvernance, introduction d’un jour de carence…
A cela vient de s’ajouter un projet de réforme de l’évaluation des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation qui s’inscrit dans le nouveau management de l’Education nationale. Nous sommes loin d’un projet d’évaluation formative constituant une aide à l’exercice du métier d’enseignant, loin des principes d’équité et d’égalité de traitement. Non seulement ces projets n’améliorent pas le dispositif actuel mais, ils font disparaître toute référence à un barème qui malgré ses imperfections constitue un repère pour toute la profession dans les opérations d’avancement. C’est bien plus une vision du système éducatif fondée sur la « performance » individuelle contre l’efficacité collective et la mise en concurrence que portent ces projets, loin des exigences pédagogiques que la lutte contre la difficulté scolaire impose. Pour le second degré, ils nient la dimension pédagogique essentielle dans l’activité professionnelle. Enfin, dans le contexte actuel d’une dégradation importante des rémunérations, ce projet de réforme inquiète fortement les personnels. Au final, c’est moins de transparence et plus d’arbitraire , moins d’équité et plus de concurrence.

C’est pourquoi, les Fédérations de l’Education appellent les personnels enseignants, d’éducation et d’orientation et les inspecteurs à être massivement en grève le 15 décembre prochain pour exiger le retrait des projets d’évaluation, condition préalable à l’ouverture de discussions sur de toutes autres bases.

Dans la même orientation, le choix de l’IFFR pour les personnels de direction et le projet de décret d’organisation des académies de retour devant le comité technique montrent la volonté de « manager » le système éducatif ; les expériences déjà conduites dans d’autres pays devraient portant faire réfléchir : cette gestion par la performance et la concurrence aggravent les inégalités scolaires, corrélées aux inégalités sociales déjà fortement présentes et qui se creusent encore dans notre pays.

« Pour garantir l’attractivité du métier », le ministre a annoncé au salon de l’Education une revalorisation indiciaire des premiers échelons de la grille des enseignants. Si elle prend acte de l’augmentation du salaire d’entrée dans la profession, la FSU rappelle l’élévation du diplôme exigé pour les concours. Cette annonce ne répondra pas à la crise de recrutement, à la demande de rétablissement d’une année de formation professionnelle, ni à la demande de revalorisation de toute la profession. La FSU dénonce la manipulation qui tendrait à faire croire que tous les enseignants sont concernés quand seuls les entrants au 3ème échelon bénéficieront d’une augmentation significative alors qu’elle ne sera que 24€ brut par mois pour ceux qui sont au 5ème .
Au moment où du fait de la baisse du point d’indice de la FP, le minimum garanti de traitement passe de nouveau en dessous du SMIC, où la catégorie A pour les personnels infirmiers n’a toujours pas été transposée dans la FPE, au risque d’aggraver encore la difficulté à recruter, où les propositions faites pour les personnels sociaux relèvent de la provocation pour ces personnels revendiquant la reconnaissance de leur qualification par le classement en catégorie A, la FSU demande l’ouverture sans délai de négociations sur la situation salariale de l’ensemble des personnels.

A l’opposé des exigences de la démocratie sociale, le ministre écarte la FSU des discussions sur la situation des personnels non titulaires, négligeant le choix des personnels concernés, qui viennent de renouveler leur confiance aux syndicats de la FSU en confirmant leur première place dans l’ensemble des CCP. Tous pourtant peuvent en être assurés, la FSU et ses syndicats continueront d’intervenir sur ce dossier, avec d’autant plus de détermination que ces personnels sont les premiers exposés aux conséquences de l’austérité budgétaire.


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