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CTPM Culture du 22 mars 2010 , déclaration de la FSU

mardi 6 avril 2010  Enregistrer au format PDF


Monsieur le ministre,

La FSU rappelle son attachement aux valeurs fondamentales du service public culturel. La culture est un bien commun, les agents qui la serve, et que nous représentons, ont une pleine conscience de l’importance de leurs missions. Le service public culturel doit être rendu à tous, quelle que soit la situation sociale et géographique des bénéficiaires. Les institutions qui en ont la charge ne peuvent être assimilées à des entreprises à but lucratif.
Les dépenses engagées dans le domaine de la culture ne sont pas des charges mais des investissements garants de la société de demain. Comme citoyens et comme agents du service public culturel, nous avons le devoir de préserver cet outil au service de tous.
Nous ne sommes pas des employés du ministère de la culture, nous sommes le ministère de la culture.

Pour toutes ces raisons, la FSU s’oppose à la politique libérale menée par l’actuel gouvernement et mise en œuvre à l’intérieur de notre ministère par le biais des réformes actuellement engagées. Nous notons d’ailleurs que, chaque fois que nous demandons à l’administration de justifier le bien fondé des réformes en cours, nous n’obtenons aucune réponse. L’administration est incapable de justifier la RGPP ou le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
Considérant que la marchandisation de la culture fait courir de très graves risques à la démocratie, nous refusons les modes de gestion qui traitent le service public comme une entreprise. Notamment : nous refusons le principe même des réformes visant à mettre en concurrence les agents et les services, tels la PFR (prime de fonctions et de résultats), de même que nous refusons les externalisations.

Nous rejetons ces réformes sur le fond, nous les rejetons aussi sur la forme. Il est inadmissible que des transformations affectant les agents au plus profond de leur identité professionnelle soient menées tambours battant sans égard pour la souffrance qu’elles engendrent.
Il est inadmissible que s’instaure un mode de gestion par le stress fondé sur le rythme des réformes. Les agents ont de plus en plus le sentiment qu’ils sont placés au cœur d’un système de réforme permanente qui porte atteinte à leurs conditions de travail et détruit ce qui fait le sens de leurs missions.

Au nom de la haute idée que nous nous faisons du service public, nous sommes scandalisés par la montée de la précarité. Il n’est pas envisageable que l’Etat s’exonère des règles communes du code du travail et s’autorise à considérer certains de ses agents comme des vacataires permanents, qu’il en contraigne d’autres à travailler sur des CDD de 10 mois suivis de 2 mois de carence, ou qu’il développe des formules toujours plus hasardeuses pour les personnels, tel le contrat d’activité récemment apparu à l’INRAP.

Nous refusons de même ce qui met en péril le statut, garantie d’indépendance vis-à-vis des pressions de la sphère marchande. Dans ce cadre, nous sommes opposés à la loi « mobilité » qui conduit à une destruction du statut et à une insécurité juridique permanente pour les personnels. Nous vous demandons, Monsieur le ministre, de prendre ici l’engagement solennel que les outils de gestion les plus pernicieux mis en place par cette loi ne seront pas appliqués au ministère de la culture ; qu’en particulier, aucun agent du ministère ne sera placé en disponibilité d’office, qu’aucun agent du ministère ne sera placé contre son gré dans un parcours individualisé de réorientation, cyniquement présenté comme une aide.

Il est inadmissible que ces réformes régressives soient présentées comme un progrès, que des entreprises d’évaluation, de quantification, de planification aveugle soient décrites comme des mesures visant à une meilleure efficacité et, au bout du compte à un bien être accru.
Il s’agit de mensonges, et le mensonge a un effet terrible : il entraîne la rupture de la confiance. Vous nous avez déclaré : « Vous ne trouverez pas un ministre plus attentif aux problèmes des agents de ce ministère », nous vous le demandons : rétablissez la confiance, détendez les calendriers intenables pour les services, prenez des engagements quant à la pérennité des missions et aux garanties d’emploi des personnels qui oeuvrent, sous votre autorité, au bien commun.


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