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Contribution de Emancipation

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


La FSU évaluée par les jeunes et ses syndiqué-es :
« Doit se ressaisir ! »

La mobilisation la plus importante depuis 68 aura fait reculer un pouvoir qui entendait passer en force sur le CPE, comme il le fait depuis 2002 sur tous les acquis des travailleurEs. La détermination des jeunes, leur auto organisation autour de mots d’ordres unifiants, en coordinations nationales, leurs occupations et blocages, leur lutte contre la répression, retrouvent les principes du syndicalisme et mettent la jeunesse en situation d’apporter un nouveau souffle au mouvement syndical, qui ne semble pas vraiment comprendre cette remarquable leçon...

Sur le CPE, la FSU n’a pas été à la hauteur. La direction de la fédération, animée par les tendances U&A et E.E et cornaquée par les corporatismes des gros syndicats nationaux, n’a jamais été à l’impulsion : quand il y a eu des appels à la grève, ils étaient réduits au minimum dans leur portée comme dans leur diffusion. Quand la jeunesse a permis à la FSU de revendiquer, avec le retrait du CPE, son premier succès depuis bien longtemps et a demandé de pousser l’avantage sur le CNE, la loi pour « l’égalité des chances », et les postes aux concours, la FSU, pourtant la mieux implantée au plus près de cette jeunesse scolarisée, l’a lâchée. La direction de la FSU aurait dû impulser l’action en s’appuyant sur les plus mobilisés des jeunes, des non titulaires, des sections départementales nombreuses à demander des appels clairs, des syndicats, en cessant de tenir SUD Education et la CNT à l’écart de l’intersyndicale et en s’abstenant de proposer au pouvoir une occasion d’enterrer la mobilisation avec des « Etats Généraux de la jeunesse ». 

La direction de la FSU nous aura fait rater cette année toutes les occasions de défendre les revendications des personnels : loi Fillon- Robien, précarité, éducation prioritaire, création de tous les postes nécessaires, laïcité... Notamment en ne s’engouffrant pas dans la brèche ouverte par le retrait du CPE, pour porter cette plate-forme Education, et en annulant la manif nationale de défense du service public d’éducation. Ce retour à l’attentisme de la FSU revient à privilégier la reconnaissance de sa représentativité et l’alternance politique, au risque d’un remake de 2002, entre un social libéralisme façon Blair, le FN et un Sarkozy prêt à tout et libéré par l’arrêt de la lutte de ce printemps : chasse aux immigréEs, aux élèves sans papiers, contrôle social, délation, précarisation et flicage généralisés, priorité à l’école privée...

En alternative à cette orientation de l’exécutif national, Emancipation défend sur le terrain, comme dans les instances délibératives de la FSU, la poursuite de la lutte unitaire, des salariéEs avec les jeunes, contre le libéralisme, en toute indépendance par rapport aux politiques. Voilà le fil à plomb de la préparation du congrès fédéral, qui se tiendra juste avant les échéances électorales de 2007.

Pour tout contact, pour se procurer la revue « L’Emancipation syndicale et pédagogique » : raymond.jousmet@wanadoo.fr

(1) Comme les autres directions syndicales « représentatives », mais en tentant de justifier, à l’interne, la faiblesse de ses appels publics par l’inertie de l’intersyndicale... Même lorsque l’UNSA a doublé la FSU sur sa gauche !


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