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Contribution de Front Unique

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


Les véritables leçons du combat pour le retrait du CPE
Le lundi 10 avril, Chirac annonçait par communiqué de l’Elysée le « remplacement CPE », suivi d’une déclaration de Villepin indiquant « le remplacement de l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances par des mesures en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes les plus en difficulté ».
C’est depuis 2002 la première fois qu’un gouvernement Chirac est défait, sur le terrain du combat de classe direct.

A la suite des organisations de jeunesse (UNEF, MJS, JC etc.), les directions des organisations syndicales ont dû se prononcer pour le retrait du CPE. Ensuite la force de la mobilisation rendait impossible aux mêmes directions de renoncer à ce mot d’ordre et de discuter comme le proposait le gouvernement des « enrichissements » du CPE.
A cet égard, la preuve a été faite que sans la participation des directions syndicales, il est impossible au gouvernement de faire passer ses réformes réactionnaires.

En effet, si à chaque étape le gouvernement a tenté de renouer les fils du dialogue social avec les dirigeants syndicaux, ceux-ci n’ont pu que réitérer leur demande de retrait du CPE, comme se fut le cas le 24 mars par exemple lorsqu’ils rencontrent Villepin. On notera à ce propos les « interrogations » du secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, qui la veille encore se plaignait de n’avoir « toujours aucune nouvelle de Matignon », jugeant que « la sélection » des interlocuteurs par Dominique de Villepin pour discuter du CPE amenait à s’interroger sur « la sincérité » de sa démarche.
Force est de constater par ailleurs, alors même que la question d’en finir avec le gouvernement Chirac Villepin Sarkozy a été clairement posée durant les deux mois de mobilisation contre la CPE, la direction de la FSU, comme toutes les autres directions syndicales, s’est positionnée pour préserver l’existence d’un gouvernement totalement illégitime.
En effet, alors par exemple que la coordination nationale étudiante s’est plusieurs fois adressée aux directions syndicales pour qu’elles appellent à la grève générale et qu’elles organisent une manifestation centrale, à Paris, celles-ci ont à chaque fois répondu négativement. A l’inverse, elles en ont plusieurs fois appelé à Chirac lui-même et ont accepté de négocier avec l’UMP la « sortie de crise »

Aujourd’hui, le gouvernement Chirac Villepin Sarkozy est maintenu. Celui-ci ne peut pourtant que continuer sa politique archi réactionnaire au compte du patronat français. Dans l’enseignement, se sont des milliers de suppressions de postes par non remplacement des départs en retraites. C’est le projet de suppression des décharges horaires comme celles accordées aux heures de première chaire, c’est la mise en place du socle commun au collège, du plan De Robien de liquidation des ZEP, etc...

Dans la Fonction publique, plutôt que de se placer en défense inconditionnelle du statut des personnels, la direction de la FSU discute depuis des mois d’amendements au projet de loi Fonction Publique qui vise à liquider le recrutement par concours.

Il est au contraire impératif que les directions syndicales rompent immédiatement avec le gouvernement. La direction de la FSU a la responsabilité de s’adresser aux autres organisations syndicales pour réaliser le Front unique afin d’affronter ce gouvernement pour en finir avec sa politique et ses réformes (CNE, loi sur l’égalité des chances ...) : telle est la véritable leçon de deux mois de combat contre ce gouvernement


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