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Contribution de L’Ecole Emancipée

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


CPE : quatre leçons d’un mouvement exceptionnel

La première est le rejet massif par toute la société de la précarité dans ce qu’elle représente comme régression sociale sur le plan du travail, du logement, de la vie ...La victoire du NON le 29 mai dernier avait déjà traduit un rejet profond de la « concurrence libre et non faussée » d’un libéralisme destructeur d’avenir. En moins d’un an, les théories libérales ont été rejetées nettement par 2 fois.

La deuxième leçon doit être tirée en regardant comment les jeunes ont su construire, développer et imposer cette victoire contre un gouvernement qui n’avait jamais cédé. D’abord en respectant les rythmes qui étaient soit imposés par les vacances, soit nécessaires pour expliquer et convaincre les jeunes puis les salariés. Ensuite, en utilisant des moyens de lutte radicaux comme le blocage des universités s’appuyant sur la massivité des AG, le respect de la démocratie.
En se dotant, via la coordination nationale, d’un outil de lutte et de direction reconnu par tous, en proposant des journées de convergence avec les salariés sans en faire dépendre le développement de leurs luttes, ils ont permis une montée en puissance extraordinaire de la mobilisation, notamment des manifestations et ont pesé sur le maintien jusqu’au bout du cadre unitaire.

La troisième leçon, c’est l’attitude des salariés avec l’appui massif de la population. Si les manifestations ont été retentissantes, les grèves furent « économiques ». Dans le public (à l’exception de l’Education Nationale) comme dans le privé, le recours à la grève fut mesuré à son juste prix. La question de la reconduction, si elle fut posée et parfois débattue, ne fut pas reprise par les AG.
Comme si était intégré que l’affrontement avec le gouvernement se posait sur un autre terrain, plus « général », plus social, plus politique exprimé principalement par le nombre des manifestants.

Mais sans la grève des étudiants, que serait-il advenu ?
Cette question est bien sûr importante. Au delà des suites des défaites de 2003, 2004, 2005, comme de l’incapacité à s’opposer aux privatisations dans les services publics, on doit toujours considérer que la grève des salariés, dans sa capacité de nuisance pour le patronat et le gouvernement, reste un outil nécessaire et incontournable. Comment mettre en échec les politiques sur l’éducation, les services publics ou même dans le privé sans avoir à recourir à cet outil dans la construction des rapports de force nécessaires ? Voilà sans doute une des questions qu’il faudra résoudre.
Tous ensemble ! La dernière leçon, c’est bien sûr que l’unité permet de gagner sur un mot d’ordre clair et non négociable. La bataille contre le CPE a vu une unité continue des 12, avec pour la première fois des appels nationaux des confédérations dites « représentatives » et des autres forces syndicales, Solidaires, UNSA et FSU. Mais, dès qu’elles le pouvaient, les confédérations « représentatives » se dépêchaient de retourner à leurs affaires. La FSU peut-elle envisager d’être « première » dans la Fonction Publique, l’Education et de rester marginalisée dans l’interpro, sur des questions pourtant aussi essentielles que la formation, les qualifications et l’emploi ? Les divisions persistantes, les questions de représentativité, mais avant tout les luttes à venir, imposent de reprendre le débat sur l’évolution de la FSU, la recomposition syndicale.

Cette victoire est d’abord celle des jeunes, mais elle est aussi la nôtre. Sachons la faire fructifier. Tant de reculs restent à bloquer. Tant de progrès restent à faire. Tant d’alternatives restent à construire !


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