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Contribution de la FSU 13

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


CPE : retour sur un mouvement

Une victoire éclatante

La dernière fois qu’un gouvernement de droite a dû retirer une réforme, il s’agissait de celui de Juppé, lors de la grève de l’hiver 95 au sujet des régimes spéciaux de retraite. C’est dire l’importance de la victoire que viennent de remporter tous ceux et celles qui se sont engagés, toujours plus nombreux contre le CPE et contre la morgue d’un pouvoir qui avait pris l’habitude de mépriser l’avis majoritaire des français. Nul doute que le lourd contentieux accumulé depuis 2002 entre ce pouvoir et les forces de la jeunesse et des salariés, a joué également un rôle dans la détermination du mouvement qui n’a cessé de s’élargir et de se renforcer au fil du temps comme en témoignèrent chiffres de manifestants et sondages d’opinion.

Une triple caractéristique.

Le mouvement anti-CPE a d’abord été marqué par la mobilisation des étudiants et des lycéens. Sur fond d’occupation ou de blocage des facultés et des lycées, on a vu se lever dans les rues de Marseille, du 2 février au 4 avril, un raz de marée de la jeunesse, coloré et vivant, mais aussi exemplaire, massif et responsable.

En second lieu, il faut souligner la convergence maintenue jusqu’au bout entre les jeunes et les salariés. Pour ce qui les concerne, les enseignants et les personnels de l’éducation se sont tenus au plus près de leurs élèves dans les manifestations, encadrant les cortèges d’établissements, construisant un mouvement majoritaire de grèves, notamment à l’appel de la FSU qui a couvert toute la période par des préavis renouvelés.

Enfin, autre élément essentiel, le mouvement a su préserver l’unité des organisations syndicales autour d’un mot d’ordre clair et assumé ensemble jusqu’au bout.

Quelques enseignements

Tout d’abord ce mouvement montre que la lutte paye : c’est bon pour le moral des salariés ! Ensuite il a revitalisé le mouvement syndical en le replaçant au centre du débat social : l’outil syndical est légitimé comme instrument de défense des droits des salariés mais aussi comme opérateur de progrès social et démocratique. L’écho soulevé hors de nos frontières par l’ampleur de cette remise en cause des dogmes libéraux sur la flexibilité et la précarité, la solidarité exprimée publiquement par la Confédération Européenne des Syndicats, montrent que le modèle social français n’est pas cette vieillerie ringarde que d’aucuns voulaient mettre au clou de l’histoire. Il est des valeurs et des combats qui méritent d’être défendus et menés ! Enfin par son résultat, le mouvement anti-CPE clôture une période ouverte par l’échec du mouvement de 2003 sur les retraites. Désormais d’autres perspectives plus favorables aux salariés sont possibles et crédibles.
Outre l’abrogation des mesures anti-sociales(CNE, loi sur l’égalité des chances. .) il est temps d’élaborer collectivement des alternatives qui placent l’éducation et la formation au centre des dispositifs anti-chômage 
Par ailleurs, la question de l’unité syndicale est revenue au centre des débats : le combat s’est mené à 12 et il est temps que soient reconnues par tous la place et le rôle de la FSU.


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