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Contribution de la FSU 91

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


1 - Nous devons affirmer haut et fort qu’il s’agit d’une victoire.

Pour la première fois depuis 2002, le mouvement social et le mouvement syndical ont fait reculer d’une façon significative le gouvernement.
Mais cette victoire n’aurait pas été possible sans les grèves de 2003, et dans une moindre mesure de 2004, ni sans le rejet du TCE au référendum de 2005.
Cette compréhension par l’ensemble des collègues est indispensable pour aller vers des luttes et des succès revendicatifs dans les mois qui viennent.

2 - Aurait-on pu aller plus loin ?
Au niveau national l’intersyndicale avait cet unique mot d’ordre, et l’unité maintenue jusqu’au bout a été une condition de la réussite.

La mobilisation des salariés :

Dans les secteurs ou nous sommes influents, nous avons eu les taux de grévistes les plus élevés, mais sans que ceux ci aient une tendance à la hausse en mars et en ne dépassant qu’une fois le seuil de 50% grévistes (28 mars).
En même temps les AG dans les établissements et les localités ont été peu nombreuses et les débats sur l’action quasi inexistants. La participation aux AG départementales, que nous n’avons pas organisé systématiquement, était, elle, squelettique.
Par contre, la participation aux manifestations dans le cortège FSU, ou avec les jeunes pour les profs de lycée était importante.

La mobilisation des étudiants

Forte et durable à l’université d’Evry, elle a été très faible à Orsay.
Les questions du blocage de l’université d’Evry ont été lancinantes tout au long du mouvement en occupant la totalité, ou presque des discussions d’AG de l’université. Si des conditions objectives ( contrôle pointilleux des présences des étudiants pendant leur cursus, forte proportion d’étudiants exerçant un petit boulot) expliquent cela, il n’en reste pas moins que le blocage pose problème. En fait un groupe très mobilisé (cent étudiants sur 15000) assure le blocage d’une fac vide sans que se mènent des discussions et des actions.

La mobilisation des lycéens.

Quasiment tous les lycées du département ont été touchés, à un moment ou à un autre, par un blocage, une grève. Mais à peu d’exception près, il n’y a eu de continuité du mouvement, voir même de liens avec le calendrier des « temps forts ».
Un certain nombre d’affrontements ont eu lieu avec des tentatives d’intrusions dont certaines avaient peut être des volontés destructrices, mais dont d’autres avaient pour objectif la mobilisation des lycéens. En même temps nous observons l’incapacité des adultes à intervenir et à se situer dans des situations tendues, comme cela a déjà été la cas lors du mouvement lycéen de 2005 ; Une nette majorité de collègues, pourtant grévistes n’ont pas voulu, ou su discuter avec les lycéens. La peur de dérapages, par beaucoup de chefs d’établissements, explique aussi que beaucoup de situations devant les lycées aient été tendues.

L’unité syndicale.

Nous avons eu 1 à 2 intersyndicales départementales par semaine entre le 15 février et le 21 avril.
Les relations, traditionnellement bonnes entre la CGT, Solidaires et nous, élargies à l’UNEF, ont donné le « la » de la mobilisation départementale (proposition d’actions, rédactions de tracts, communiqués etc.), la CFDT et FO ne participant que parce qu’ils ne pouvaient guère faire autrement.

En conclusion :

Nous avons voulu soulever un certain nombre de problèmes liés à la mobilisation, non par morosité ou pessimisme, mais parce que si nous voulons retrouver le chemin de gains revendicatifs, il vaut mieux ne pas se voiler la face sur nos faiblesses.
Il n’en demeure pas moins que nous sommes en bien meilleure situation qu’il y a un an.

Evry, le 15 mai 2006


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