Pour Info - FSU - En ligne


Contribution du SNASUB

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


Bilan de la mobilisation anti-CPE, et suites

3 mois auront été nécessaires pour aboutir au retrait de l’article de la loi dite « sur l’égalité des chances » (LEC) concernant le Contrat Premier Emploi (CPE).
Le résultat pourra paraître mince à certains au regard de la durée de la lutte, du nombre d’organisations d’étudiants, de lycéens, de salariés du public et du privé, impliquées, de leur unité jusqu’au retrait, des 3 millions de manifestants qui sont descendus dans la rue et de l’adhésion qu’a rencontrée ce mouvement de la part d’une majorité de la population, toutes générations confondues. C’est pourtant une authentique victoire sous plusieurs aspects.

Le CPE constituait un symbole fort pour le MEDEF et le gouvernement dans leur tentative de démolition du Code du travail. Il institutionnalisait la précarité comme statut de droit commun des travailleurs dans une économie libérale. Avoir imposer un recul sur ce projet est porteur d’espoir pour les salariés, les précaires et les chômeurs, et pour leurs luttes à venir.

Depuis que ce gouvernement est en place, c’est la première fois qu’il plie devant un mouvement interprofessionnel sur un dossier qu’il considère comme important. Après l’échec de la mobilisation de 2003 sur les retraites, on peut enfin se rendre compte qu’il est possible de le faire céder. Le mouvement syndical et social avait besoin de ce nouveau signe, après le rejet citoyen du prétendu Traité Constitutionnel Européen le 29 mai 2005, pour reprendre confiance dans sa capacité à empêcher des reculs et à conquérir de nouveaux droits.

Le SNASUB a porté devant la FSU le mandat qu’il s’était donné, d’aller vers une grève reconductible interprofessionnelle, et a mobilisé dans son champ de responsabilité. Cette mobilisation la a été d’ampleur diverse ; faible à moyenne dans les EPLE et dans les services, sauf à l’occasion des « temps forts », elle a été plus constante et massive dans l’enseignement supérieur et les bibliothèques. Sans doute due en partie, à la proximité avec les étudiants et les enseignants du supérieur, très engagés dans la lutte contre la LEC. Cela a incontestablement encouragé et facilité la participation active de nos collègues sur place

Mais si la lutte a connu le succès, elle n’a pas permis le retrait de la totalité de la LEC. Parmi les dispositions de cette loi figurent toujours des éléments qui demeurent inacceptables, tels l’apprentissage dès 14 ans ou la possibilité du travail de nuit à partir de 15 ans.
Le champ de la lutte portait également sur le retrait du Contrat Nouvelle Embauche (CNE) instauré par ordonnance l’été dernier et qui, , contient les mêmes remises en cause du Code du travail que le CPE.
Plus largement encore le mouvement contestait toutes les formes, d’institutionnalisation de la précarité, dans le secteur privé et public. Et dans la fonction publique ces dernières années se sont multipliées des situations de précarité en même temps qu’on réduisait le nombre de fonctionnaires titulaires : TUC, CES, CEC, Emplois Jeunes, CA, CAE, PACTE, contractuels, vacataires ...

La victoire sur le CPE demeure une étape. D’autres batailles restent à mener et à gagner, comme celle contre la loi liberticide CESEDA, secteurs public et privé ensemble, non par simple solidarité, mais bien par communauté d’intérêt.


RSS 2.0 | Plan du site | Réalisé avec SPIP | Site national de la FSU