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Contribution du SNEP

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


La lutte contre le dispositif CPE a d’abord été une lutte sur la question de l’emploi dans ses dimensions économiques, politiques et sociales.

Sur ce terrain, et pour n’en rester qu’à cette année, ce qui sera simplificateur, le 4 octobre a marqué l’entrée en lutte sur le thème de l’emploi (public et privé) avec un succès incontestable. L’emploi est la première préoccupation des français ; ses ravages expliquent en partie les réactions de conflits des banlieues en novembre ; dans le secteur de l’éducation, la grève du 24 novembre (avec le SNES et le SNUEP) a aussi apporté son lot de signes. La question de l’emploi public n’a pu donner lieu à des réactions syndicales communes, chacun des secteurs menant, dans ses conditions propres (SNCF, EDF...), des actions intersyndicales sans connexion avec les autres secteurs. Dans l’éducation, aucun front n’a pu être mis en place et cette situation persistera à toutes les étapes de la lutte anti CPE.

Dans le secteur EPS et STAPS, un coup d’accélérateur s’est produit après l’annonce, durant les vacances de Noël et reçue comme une provocation, d’une chute de 50% des postes au CAPEPS externe. Au cœur des décisions gouvernementales, une théorie des surnombres en EPS agitée comme un épouvantail commode mais que le ministère est incapable de démontrer. Il faut se rappeler qu’en 2004 déjà, une lutte longue et médiatique avait été conduite, avec succès puisque elle avait débouché sur une augmentation des postes au CAPEPS et la reconnaissance des diplômes STAPS dans l’emploi.

Cette année, dès le 12 janvier et à l’initiative du SNEP, une coordination nationale a été convoquée à Paris et à laquelle le SNESUP, l’UNEF, l’ANESTAPS et la moitié des centres ont participé pour faire face aux décisions gouvernementales. Les premières esquisses d’actions diversifiées sont arrêtées (dont l’action « STAPS » du 16 mars !) : travail vers les parlementaires, l’opinion, les médias ; recours à des actions originales (Bordeaux-Paris à bicyclette, initiative à laquelle de nombreux autres centres se rallieront).

Dès le départ, et avec la montée en puissance de la lutte anti CPE, la question de la convergence des actions a été posée. Les différents centres s’engageront selon leurs sensibilités, leurs mobilisations et les capacités de l’UNEF et de la coordination étudiante et lycéenne, a répondre à leurs exigences : ne pas passer à la trappe la question des recrutements enseignants.
La manifestation nationale organisée par la CNEESTPAS et le SNEP le 16 mars a rassemblé 10 000 participants ; l’écho médiatique sera éclipsé par la manifestation CPE. La convergence des deux manifestations n’a pas pu avoir lieu, la CNEESTAPS jugeant les conditions de mise en place insuffisantes.

Le SNEP, dès janvier, s’est toujours battu pour lier ces deux ensembles revendicatifs, CPE et STAPS ; nous n’avons pas ménagé nos efforts, y compris dans la FSU, afin que la question des recrutements soit partie constitutive de la lutte.

Au bilan, cet effort sera relativement vain ; l’éducation, dans ses exigences de recrutements, de protection de l’emploi public, de lutte contre la précarité, sera absente et incapable de lier ces questions au mot d’ordre unitaire de « retrait du CPE ».
Cette difficulté explique aujourd’hui la crise de la lutte sur le terrain éducatif alors que le ministre de Robien n’a jamais été aussi actif par sa morgue à l’égard des manifestations, son soutien au Premier Ministre et l’activation unilatérale des dossiers dont il a la charge.

15 mai 2006


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