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Contribution du SNUEP

mardi 30 mai 2006  Enregistrer au format PDF


« Formation-insertion-emploi » : des politiques à revoir totalement

La détermination de la jeunesse et l’unité avec le salariat et leurs organisations ont constitué une vague irrésistible qui a emporté le CPE. Dès le début du mouvement le SNUEP a appelé les personnels de l’enseignement professionnel à s’y engager résolument par solidarité à l’égard des élèves de LP, parmi les plus directement concernés, et contre une nouvelle dévalorisation des formations et qualifications qu’aurait engendré le CPE. Le SNUEP a estimé que, chaque fois que les jeunes appelaient à des temps forts, l’appel à la grève des organisations syndicales de l’enseignement était de nature à amplifier le mouvement et à ne pas laisser isolés les élèves et les étudiants.

Cette victoire crée un nouveau rapport de force en faveur du mouvement social : de quoi pousser plus loin l’avantage en exigeant l’abrogation de toute la loi sur l’égalité des chances, dont l’apprentissage à 14 ans et la suppression du CNE. Insuffisamment fait dans le mouvement, c’est aussi le moment de mettre l’accent sur la précarisation dans l’Education nationale et d’exiger un plan de titularisation des précaires.

L’immense mobilisation de la jeunesse contre le CPE ainsi que la révolte des jeunes des banlieues et les manifestations du mouvement « Génération précaire » révèlent chacune à leur manière, le refus de toute une génération de vivre moins bien que la précédente et le rejet d’une précarisation généralisée et institutionnalisée. C’est une condamnation sans appel des politiques de formation-insertion-emploi qui ont cours depuis plusieurs décennies.

Fiasco de ces politiques qui, au nom de la lutte contre le chômage des jeunes, ont abouti à son doublement dans certaines quartiers défavorisés ; car, en plus d’être inefficaces, ces politiques, en choisissant de privilégier sans relâche l’apprentissage, ont été discriminatoires. Pour soi-disant faciliter l’insertion, les stages non ou mal rémunérés se sont multipliés, bien au-delà des nécessités pédagogiques qui peuvent se justifier sous certaines conditions. Ce volume sans cesse croissant de travail gratuit, c’est autant d’emplois qui n’ont pas été créés, de pressions pour tirer les salaires vers le bas, réduire la croissance et maintenir le chômage à un niveau élevé.

Le dogme libéral du transfert de la professionnalisation des formations de l’école vers l’entreprise a eu pour conséquence une volonté persistante de réduire l’offre de formation du service public d’Education. Le dénigrement des diplômes et la remise en cause de leur caractère national, au profit de vagues compétences évaluables dans le seul cadre de l’entreprise, portent atteinte à la finalité des études, au sens même des enseignements et contribuent un peu plus à la démotivation de certains élèves. Le tout concourt à la panne du système éducatif et à la régression de nombreux indicateurs, au recul des valeurs de l’école républicaine et à sa capacité de contribuer à l’intégration sociale, professionnelle et citoyenne de tous les jeunes.

Avec la régionalisation de la formation professionnelle, l’accumulation des réformes, les aides aux entreprises pour la formation se sont empilées et multipliées. Or les entreprises embauchent durablement si leurs activités le nécessitent : ne faut-il pas réorienter les aides publiques qui leur sont accordées ? Les jeunes possédant une formation de qualité méritent d’être embauchés en CDI, rien ne justifie la période d’essai qu’on voudrait leur imposer. L’élévation du niveau de culture et de qualification est le facteur déterminant de la compétitivité de l’économie ; la formation sur le tas est un obstacle à cet élévation, il faut redonner la priorité aux formations initiales et professionnalisantes scolaires et aider (par des allocations d’études par exemple) les jeunes les plus défavorisés à les suivre.


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