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Courrier à Vincent Peillon

lundi 4 juin 2012  Enregistrer au format PDF


Monsieur le Ministre,

L’Education est un enjeu majeur pour l’avenir de notre jeunesse.
La prochaine loi d’orientation et de programmation qui va être mise en chantier fixera le cap du système éducatif pour les années à venir.
Pour la FSU, l’objectif essentiel doit être de lutter contre l’échec scolaire à tous les niveaux du système éducatif et contre les sorties sans qualification. Tous les jeunes doivent pouvoir maîtriser une culture commune de haut niveau et accéder à des qualifications reconnues.
Pour réussir la nécessaire démocratisation du système éducatif, il faut engager des moyens humains car pour apprendre il faut une médiation, des passeurs et pour accompagner et aider les élèves dans leur scolarité, conseillers principaux d’éducation, conseillers d’orientation-psychologues, Rased, surveillants, assistants sociaux, infirmières, personnels administratifs et ouvriers sont indispensables. Cela exige dans le même temps, une réelle réforme de la formation des enseignants.

Le président nouvellement élu, François Hollande, a promis de créer 60 000 postes pour l’enseignement. C’est une bonne chose.

Mais paradoxalement on risque d’avoir du mal à trouver les candidats pour pourvoir ces postes. En effet, il devient de plus en plus difficile pour l’Éducation nationale de recruter des enseignants, à tel point que l’an dernier 17% des postes ouverts aux concours dans les collèges et les lycées n’ont pas été pourvus. Notre pays manque donc d’enseignants formés, beaucoup d’élèves n’ont pas classe pendant plusieurs semaines faute de remplaçants et l’on embauche de plus en plus de précaires. C’est la politique menée ces dernières années dans l’Éducation nationale qui a conduit à cette aberration notamment par les suppressions massives de postes qui rendent plus hasardeuse la réussite au concours, l’allongement des études non rémunérées, la nécessité d’obtenir des certifications en plus du master, la situation réservée aux débutants envoyés devant les élèves sans formation professionnelle…autant d’obstacles qui ont fait renoncer de très nombreux étudiantes et étudiants.
Le métier lui-même, plus difficile, moins considéré, insuffisamment rémunéré, semble avoir perdu de ses attraits.

Le Président de la République a également annoncé l’arrêt de la RGPP et donc du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. C’était une demande de la FSU.
Il faut maintenant établir un plan de recrutements sur plusieurs années pour donner des perspectives claires aux jeunes dès le début de leurs études. Mais cela ne suffira pas si nous manquons de candidats.

La FSU propose de mettre en place un système de pré-recrutements d’étudiantes et étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement,
L’État donnerait ainsi un signe fort favorisant l’attractivité de nos métiers en permettant aux étudiants qui le souhaitent de s’y former dans les meilleures conditions garanties par un statut particulier avec une rémunération et permettant une formation professionnelle et la préparation aux concours de la fonction publique. L’étudiant pré-recruté a ainsi de bien meilleures chances d’être reçu aux concours. Cela favorisera aussi la démocratisation de ces métiers.
C’est également un investissement à long terme qui offre la possibilité de mieux gérer les effectifs en personnel et d’assurer les viviers nécessaires.

Pour la FSU et ses syndicats, c’est dès la rentrée 2012 qu’il faut donner un signe positif aux étudiants, ceux déjà engagés dans un cursus menant aux concours ou ceux souhaitant se reconvertir.

Courrier FSU du 25 mai 2012


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