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Décret pour la mise en place des dispositifs de réussite éducative : Position de la FSU

mercredi 20 avril 2005  Enregistrer au format PDF


Le présent décret est censé donner un cadre juridique aux dispositifs de réussite éducative que le ministre de la cohésion sociale souhaite promouvoir. Nous avons dans un précédent CSE évoqué nos critiques voire nos doutes sur l’ensemble de la loi de cohésion sociale.

Vous nous demandez aujourd’hui de nous prononcer sur ce décret, alors que la création d’équipes éducatives est déjà en cours ... C’est donc sur l’ensemble du dispositif que nos remarques porteront aujourd’hui. En effet de nombreuses questions restent donc en suspens.

La première interrogation concerne l’articulation entre les dispositifs déjà existants et la création des équipes de réussite éducative ? On nous assure qu’il n’y aura pas substitution mais les différents dispositifs seront-ils cloisonnés ? Vous nous demandez de nous exprimer sur la mise en place de structures juridiques sans qu’aucun bilan approfondi soit présenté sur la situation des enfants et des adolescents en difficulté et les politiques mises en oeuvre pour leur venir en aide.

Qu’adviendra-t-il des dispositifs reposant sur des partenariats existants actuellement ? On peut aussi légitimement s’interroger sur l’articulation qu’il y aura entre ces dispositifs et la mise en place des heures de soutien prévue dans la loi d’orientation pour l’école fraîchement votée.

La seconde interrogation porte sur la nature des tâches confiées aux enseignants : ces dispositifs qui s’adressent aux “ enfants de 2 à 16 ans ” prévoient que “ la communauté éducative ” fasse un repérage au sein des établissements. Pourquoi confier “ le repérage ” aux enseignants, s’il s’agit de traiter la difficulté hors temps scolaire, en éludant le problème des effectifs enseignants, du temps nécessaire au travail en équipe, du renforcement des équipes REP ZEP, par exemple ?

A ce propos, nous attirons votre attention sur la question de la confidentialité des informations mais aussi sur le secret professionnel auxquelles sont liées certaines professions, et sur notre attachement à faire respecter les droits des jeunes et de leur famille. En tout état de cause, nous vous demandons de mener une réflexion sur la mixité sociale et sur les dispositifs de REP ZEP, les collègues investis dans ces dispositifs vivent aujourd’hui une véritable situation d’abandon et il est urgent de relancer une politique éducative ambitieuse partout où se concentrent toutes les difficultés.

La troisième série de questions porte sur l’ensemble des personnels spécialisés, de santé, sociaux, psychologues, intervenant dans les écoles et les établissements. Ils sont en nombre insuffisants, parfois inexistants, ils n’ont pas toujours les moyens d’assumer leurs missions dans de bonnes conditions. Les infirmières, les assistantes sociales et les médecins scolaires sont partie intégrantes du service public d’éducation et à ce titre ils doivent être présents auprès de tous les élèves indépendamment de leurs lieux de scolarisation. Nous sommes attachés à leur présence et nous demandons que leur nombre soit augmenté. Si le dispositif de “ réussite éducative ” peut compléter son action, il ne peut venir en remplacement.

Enfin, vous connaissez la préoccupation permanente de la FSU et d’autres, de lutter contre les disparités territoriales qui se sont installées de manière durable dans le paysage social. Or ce projet qui repose essentiellement sur l’initiative locale et sur le co-financement n’est pas rassurant de ce point de vue.

Quelle est la place respective des élus locaux et des institutions en matière de financement ? Quelle régulation est prévue par l’Education Nationale et par le Ministère de la Ville ? Quelle sera la pérennité des sommes engagées ?

Pour la FSU, la réussite de tous les élèves nécessite une véritable transformation de l’école. S’il est utile de s’attaquer sur les difficultés d’ordre sanitaire, culturelle plus généralement éducatives des jeunes et des familles, les actions impulsées et mises en place durant et hors temps scolaires doivent être menées en coordination en respectant le rôle de chacun, notamment de l’Education Nationale.


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