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Editorial :

vendredi 6 mars 2009  Enregistrer au format PDF

Nous devons défendre la mixité


Lors du congrès de la FSU en 2007 nous dénoncions déjà « la sous représentation des femmes dans les instances syndicales et l’écart anormal constaté entre la forte syndicalisation des femmes dans les champs des syndicats qui la constituaient et l’investissement militant féminin ». Nous nous inquiétions aussi des « difficultés pour atteindre une égalité réelle entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la société française ».
Le bilan de mi étape n’apporte guère de modifications, voire enregistre des régressions dans certains domaines, les périodes de crise permettant toutes les agressions et les femmes étant toujours les plus touchées.

Encouragées par ce contexte, les attaques contre les associations servent à remettre en cause le Planning familial et son existence même, confortant les conservateurs et les moralistes de tous poils pour qui l’émancipation des femmes et leur recherche d’égalité est dangereuse. La pénalisation à outrance renforcée par les nouvelles lois à la protection judiciaire de la jeunesse a des répercussions plus importantes encore pour les jeunes filles, les autorités ne s’inquiétant nullement de mélanger mineures et majeures incarcérées.
Syndicalement nous devons nous saisir, à tous les niveaux de la FSU, des points d’appui de la recherche qui non seulement dénonce cette société fortement sexuée et non mixte de fait, mais apporte aussi des méthodes de travail. L’entretien d’Isabelle Cabat-Houssais montre bien comment, à son niveau, on peut essayer de casser des carcans sexistes et déconstruire les schémas traditionnels pour promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons. Cela passe bien sûr par une formation adéquate des personnels, initiale et continue.

Si nous dénonçons les attaques très anglo-saxonnes de la mixité ce n’est pas pour se satisfaire de celle qui existe. Aujourd’hui, trop souvent la mixité se résume à une coexistence des garçons et des filles, des femmes et des hommes. Obtenir des lois, certes combat important, ne suffit pas non plus. Il faut aller plus loin que l’égalité formelle et il faut s’en donner les moyens. Cette prise en compte devrait traverser tous les secteurs de la FSU. Dans l’analyse du métier, du travail, des rémunérations, des promotions et des déroulements de carrière les syndicats ne peuvent ignorer cette dimension comme le montre la répartition des femmes et des hommes dans la territoriale. Que penser des catégories aux rémunérations les plus basses qui comme par hasard concentrent 60% de femmes ? Doit-on se donner des actions prioritaires pour les résorber et lesquelles ? Autant de questions qu’il nous faudra aborder au prochain congrès.


Marie-Caroline Guérin


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