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Editorial

mardi 11 mars 2014  Enregistrer au format PDF



FEMMES ET EXTRÊMES-DROITES

À un moment où les mouvements d’extrême droite sont de plus en plus offensifs, la journée intersyndicale du 29 janvier 2014 est une première étape de mobilisation pour la FSU et ses partenaires. Il est grand temps de dire stop, de montrer le vrai visage du FN et plus largement de l’extrême-droite. Ce 4 pages permet de déconstruire certains de leurs discours.

Depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National, l’électorat féminin, majoritairement réfractaire au père, hésite un peu moins à voter pour la fille. Mais mettre une femme à la tête d’un parti en ferait-il forcément un parti féministe ? Que dit le FN des thématiques relatives aux droits des femmes ? Et, plus largement, le féminisme est-il soluble dans l’extrême-droite ?

Vote des femmes et FN : La fin du gender gap (1) ?
Travaux de la sociologue Mariette Sineau

SI SEULES LES FEMMES AVAIENT VOTÉ
- en 1981, Giscard aurait été réélu, et Mitterrand à nouveau battu ;
- en 2002, Jean-Marie Le Pen serait arrivé derrière Lionel Jospin au premier tour, et le second tour aurait probablement vu une victoire de Jospin sur Chirac ;
- en 2007, Ségolène Royal aurait été élue présidente et Sarkozy battu.

« L’électorat féminin est donc progressivement devenu non seulement un bastion de gauche mais aussi un rempart contre l’extrême droite, et plus largement contre la virilisation de la vie politique. (…) Beaucoup plus qu’un vote populaire, le vote Le Pen est donc un vote viril. »

Une dernière évolution, très inquiétante, apparaît sur la dernière décennie. : en pourcentage, le vote pour le FN est encore supérieur chez les hommes en 2012, mais les écarts se resserrent depuis 2002. Et si on regarde en nombre de voix : le FN a engrangé un contingent supplémentaire de 500 000 électeurs et d’un million d’électrices, soit une progression deux fois plus importante chez les femmes.

Une femme à la tête du parti
Si Marine Le Pen y a été nommée, c’est bien en tant qu’héritière de Jean-Marie, dans un parti où la désignation des chef-es ne doit pas grand chose à la démocratie. Il n’empêche que son statut de femme a participé à la dédiabolisation du FN, tout autant que son discours, plus policé. Elle donne de plus l’image d’une femme active, « moderne », « de son temps », vivant en famille recomposée. Elle se positionne en tant que femme, mais aussi en tant que mère, ce qu’elle utilise pour faire passer son message sécuritaire : « Présidente de parti, femme, mère de 3 enfants, je lutte. (…) Et pour toutes les mères, je veux que l’on retrouve l’ordre et la tranquillité dans notre pays. »

1-disparité, écart entre les sexes


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