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Eléments de bilan

mardi 13 juin 2006  Enregistrer au format PDF


Une bonne participation

Le comité grec a enregistré 35 000 inscriptions : 200 organisations syndicales, associations, ONG, réseaux , venues principalement de Turquie (2000), France (environ 1300), Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, sans oublier les représentants des pays de l’Est comme la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Russie... Plus de 60 000 personnes ont participé à la manifestation du samedi après-midi (manifestation la plus importante depuis de nombreuses années en Grèce).

La presse grecque a relayé comme un événement politique ce FSE, ce qui fut moins vrai dans les autres pays.
Le site, les espaces, les concerts ont favorisé une rencontre festive et militante.

Des progrès ont été faits du côté de la traduction (pluralité des langues : 25). Toutefois de nombreux problèmes subsistent (matériel, adéquation des langues au public et aux intervenants, compréhension). Il faut rappeler que tout le système de traduction était militant et non-commercial (ALIS et BABEL qui sont des composantes du Forum).

Cela dit l’attention portée à la question de l’interprétation n’est pas assez importante dans le cadre de la préparation des FSE et cela compromet la qualité des débats et des interventions.

L’organisation matérielle a montré quelques défaillances. Cependant il faut noter que c’est le 1er forum qui ne bénéficiait d’aucun soutien institutionnel et que la plupart des bénévoles n’appartenaient à aucune organisation.

Les espaces autogérés, (victimes d’une météo non clémente) ont été très réussis : présentation et témoignages de luttes, lieux de vie et d’action pendant le forum.... ils permettent d’intégrer des groupes (chômeurs, précaires, migrants par exemple) qui ne trouveraient pas facilement leur place dans le FSE.

Les enjeux européens au cœur des débats

Sur les 210 séminaires auto-organisés, une grande part était consacrée aux enjeux sociaux et européens dans divers domaines : les politiques économiques et sociales, emploi/précarité,services publics migrations, constitution, Charte pour une autre Europe...
Les mobilisations sociales, et notamment la récente du victoire du CPE en France étaient également très présentes.

La nouvelle méthodologie

Le choix de privilégier les séminaires de travail au détriment des grandes conférences, a favorisé les échanges, un processus plus participatif et la structuration de réseaux. La méthodologie retenue pour construire le Forum était basée sur l’auto-organisation : propositions d’activités s’inscrivant dans de grandes aires thématiques (plus de 1000 ont été déposées), processus de convergence (et fusion) des propositions, échanges pour définir les objectifs communs. Toutefois le retard du fait des conflits dans le comité d’organisation grec pris dans la préparation du FSE n’a pas permis que cette méthodologie et ce travail soit totalement efficient.
C’est notamment dans la toute dernière période que les séminaires se sont véritablement mis en place et certains ont donc souffert du manque de préparation : répétition, hors-sujet...
On a eu d’un côté des résultats très intéressants dans le travail de fusion (chômage/précarité et services publics par exemple) et de l’autre le maintien de séminaires de « propagande d’une organisation » mais moindrement qu’auparavant.
Dans le processus de préparation du programme, , trop de temps et de débats se focalisent sur la structure ( le nombre, le format, les fusions) et pas assez sur les contenus et les objectifs des séminaires..

Le travail des réseaux

Ce FSE a permis une avancée importante dans la place donnée aux différents réseaux européens : éducation, services publics, santé, migrants, OMC/AGCS, antiguerre, Palestine, No Vox etc., qui ont pu ainsi organiser leurs campagnes. La création d’un réseau services publics, qui regroupe aussi bien des organisations syndicales importantes (CGIL, Unisson, FGTB, CSC..) que des associations comme ATTAC, AITEC ou des collectifs (Collectif français Services Publics , convention des villes hors AGCS...) qui a adopté une déclaration spécifique et un échéancier de réunions de travail et d’initiatives est notamment un point très positif.
La question de l’espace donné aux réseaux dans le cadre du Forum est importante. Si le FSE n’apparaît comme un lieu utile et efficace ( pour s’élargir, pour travailler, pour définir des campagnes, pour donner une visibilité ...) pour ces réseaux et les acteurs qui y participent ,ils pourraient se développer à l’extérieur du processus.

Assemblée des mouvements sociaux

L’Assemblée des mouvements sociaux, qui s’est tenue dans la foulée du forum, a regroupé un nombre important de militants (environ 2000) et un texte d’appel a permis de fixer les diverses échéances de mobilisation pour 2006-2007, émanant des différentes assemblées thématiques. Le texte propose de travailler à la convergence de ces mobilisations au mois de juin 2007 à l’occasion du Conseil européen et du G8 qui se tiendra en Allemagne à Rostock. Ses formes concrètes seront discutées lors des futures assemblées européennes.

Participation des organisations syndicales

Si l’investissement des organisations syndicales reste toujours limitée dans le cadre de la préparation, la participation aux débats et la présence des syndicats à l’évènement lui-même était plutôt en augmentation.
Le déficit est notable du côté des pays nordiques mais en revanche les syndicats grecs, turcs, de pays de l’est et des Balkans étaient très investis.
On a retrouvé les syndicats habituellement présents mais plus investis et présents dans des séminaires au côté d’autres organisations (non-syndicales) notamment : FGTB et CSC de Belgique, CGIL, COBAS et SIN-COBAS (Italie), IG Metal et moindrement Verdi (Allemagne), Unisson (GB), ELA (Pays Basque).
La CES et les syndicats grecs ont organisé une rencontre syndicale ouverte à tous la veille du Forum. (150 participants environ, beaucoup de turcs et de grecs..).

Participation de la FSU

Une bonne quarantaine de militant-es FSU était présent-es à Athènes dont une vingtaine « mandatées » par des structures avec une réelle pluralité. La visibilité de la FSU (stand, manif , participation aux débats ) a été très positive. Le choix fait cette année dans le FSE de favoriser les séminaires de travail plutôt que les grandes conférences a permis à la FSU d’ être présente dans de nombreux séminaires permettant d’impliquer de nombreux-ses militant-es et de couvrir beaucoup de champs d’activités de la FSU. Nous avions déposé beaucoup de propositions et au final nous avons été présents sur beaucoup de séminaires (une quinzaine) sur les thèmes : services publics, Bolkestein, éducation, précarité/emploi, discriminations, politique sécuritaire, rôle et perspective des FS.

Des avancées et des limites

Ce 4ème FSE a montré sa capacité d’être un lieu de rencontre de mouvements sociaux très divers, qui permet de débattre, de transmettre des expériences, de construire des réseaux et des campagnes de mobilisation. La structuration de réseaux devrait permettre une plus grande coordination, une meilleure articulation des campagnes. Ce forum a aussi été l’occasion d’une véritable ouverture et participation des pays d’Europe de l’Est, des Balkans et surtout de la Turquie.
Dans le même temps, des faiblesses, des carences du Forum persistent. L’objectif affiché après les 3 premiers FSE d’avancer sur les alternatives et les stratégies reste à réaliser.
Bien souvent les discours restent dans l’idéologie. Or « faire de la politique » c’est analyser l’agenda de l’adversaire, peser en amont, passer des alliances, se fixer des dispositifs de bataille connus et des échéances précises. Cette démarche a été amorcée dans certains réseaux (services publics, éducation, migrants). L’implication des forces syndicales dans le processus reste un enjeu. Plus les réseaux se créent et se renforcent, plus se fait sentir l’exigence pour les syndicats de s’enraciner dans la société et de coopérer avec toutes ses composantes pour espérer gagner.

Il est clair que les FSE sont à un tournant de leur histoire. Les médias parlent d’essoufflement et sont peu portés à s’intéresser à la partie invisible du travail effectué. Au sein des forums, certains s’impatientent devant la faiblesse ou la trop grande généralité des alternatives, et de la difficulté à mettre en place des mobilisations. En conséquence, ils proposent de travailler sur les alternatives dans des cercles restreints au nom de l’efficacité. Nous pensons au contraire que, malgré tous leurs défauts, les FSE jouent un rôle irremplaçable pour permettre aux mouvements des différents pays de mieux se connaître, d’échanger, de construire des analyses et des mobilisations, en ayant conscience que ce processus de constitution d’un mouvement d’opinion à l’échelle européenne est difficile, long, mais nécessaire.

Mettre en débat des éléments de changement

Structuration des activités du Forum : comment concilier les activités de rencontre, de débats, de témoignages pour un public large et les activités plus militantes : travail des réseaux, agendas etc...

Séminaires : le processus de fusion, de redéfinition des séminaires doit s’appuyer sur des débats et des critères en fonction d’objectifs de travail ( ne pas se limiter à des équilibres arithmétiques, limiter les orateurs-trices, ...)

Améliorer la préparation : Faut-il un comité d’organisation européen du prochain FSE, vu les difficultés et les lourdeurs de la préparation d’Athènes ?

Une assemblée aura lieu en septembre pour faire le bilan de ce FSE et débattre des perspectives. Ni le lieu, ni la date de la prochaine édition n’ont été décidés pour l’instant.

Le Groupe FSU-FSE


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