Pour Info - FSU - En ligne


Entrevue avec Fadela Amara

lundi 15 octobre 2007  Enregistrer au format PDF


Pour la FSU : G. Aschieri, D. Atlan, E. Montanant, M. Fouquet
Fadela Amara et 2 membres de son cabinet.
Entrevue 9h30 à 11h 30

L’introduction de Gérard a repris l’ensemble des problématiques évoquées dans la note préparatoire et lors de la préparation de la veille.

Gérard Aschieri a insisté sur notre conviction que la question des inégalités territoriales est une des clés des problèmes du système éducatif. Il a développé l’idée que le niveau global est effectivement en hausse, mais que si l’accès à l’emploi était possible il y a 30 ans sans diplôme, aujourd’hui, la possession d’un diplôme n’est plus une garantie « d’employabilité ». Pour autant, plus on est diplômé, plus on a de chances de trouver un emploi.
Il a pointé les 3 thèmes du discours de la Secrétaire d’État sur lesquels nous souhaitons intervenir (logement - santé - éducation).

Il a développé notre point de vue sur la tonalité, « compassion stigmatisante », sur le danger de conforter une image déjà négative des banlieues, sur le risque qu’il y a à privilégier le mérite des meilleurs, au risque de mettre en place une politique inégalitaire augmentant les inégalités au lieu de les réduire. Image : L’expression « les zones de non-droit » peut prendre un autre sens : Zone où on n’aurait pas les mêmes droits que les autres. « Ils » ne sont pas tous dealers, délinquants, glandouilleurs, ... et à trop insister, on finit par conforter cette caricature.

La suppression de la carte scolaire, la politique des ZEP, les suppressions de postes ont été présentées comme facteurs évidents d’aggravation des difficultés des jeunes, et particulièrement des plus défavorisés.

Les interventions de FA et des membres de son cabinet ont visé à justifier le ton, les expressions, l’orientation de la politique. Le discours de fermeté, c’est pour « créer un renouveau républicain dans nos banlieues ». Il faut créer un électrochoc, un choc républicain, arrêter de caresser dans le sens du poil, ... Ce n’est pas qu’une question de moyens. Le terme « glandouille », c’est pour introduire la tolérance 0 face au désœuvrement des jeunes. Il s’agit de défendre, et non de stigmatiser. La stigmatisation, Fadela Amara connaît par cœur, mais il y a un contexte international, avec l’islamisme en particulier, qu’il faut pointer.

On voit là un point de désaccord au moins sur la forme.
Par ailleurs, nos interlocuteurs se sont montrés intéressés par les propositions de la FSU : oui à l’école maternelle de 2 à 3 ans (demande de données et d’un dossier sur ce point), oui au développement de formations post-bac (lycées et universités), mais pas de réponse à notre critique de l’affectation des meilleurs hors zone, dans « les meilleurs établissements ». Oui à une allocation d’autonomie, mais avec contreparties, oui à une augmentation des bourses. Accord sur le constat des carences en termes de logement pour les étudiants et lycéens, idem sur les questions de santé, d’accès aux soins. Il semble que le cabinet de FA partage notre conception de l’égalité vs égalité des chances ou équité, mais du discours à la mise en œuvre, il peut y avoir un fossé...

Notre point de vue sur la question des affectations des enseignants dans les zones difficiles a été développé, notamment le constat que le volontarisme affiché et les divers « bonus » personnels ne marchent pas. La présence de jeunes enseignants et personnels n’est pas forcément une difficulté ; ce qu’il faut, c’est une aide diversifiée et importante : formations initiales et continue, appuis matériels (logement, installation, ...), services aménagés (prise en compte de la pénibilité, du stress, possibilités de travail en équipes pluriconfessionnelles), avantages de carrière sur des contingents particuliers (ASA, promotions). Sur ce sujet aussi, bonne écoute.

La question de l’ambition culturelle de haut niveau pour tous (à l’opposé du constat, fréquent, d’une sous-culture compassionnelle ou pseudo-éducative) semble partagée. Néanmoins, le rôle et la place de l’éducation populaire sont à repréciser.

Un désaccord a été exprimé par la FSU (D Atlan), sur l’idée présentée par FA qu’il est positif que les mamans viennent dans les écoles ou les collèges pour des cours d’alphabétisation. Argument développé par Danièle : difficulté de vivre un double statut (autorité parentale et apprenant) dans le même lieu. Il doit être possible de faire la même chose dans des lieux neutres.

Deux questions nous ont été posées : Quid du développement d’internats : accord, mais avec une réflexion sur les formes les plus appropriées (une fiche FSU existe à propos du plan Borloo, et traite notamment de la question des internats).

Quel avis sur la formation professionnelle ? Accord sur le sens des déclarations de FA sur la question : nécessité de revoir les financements, de mettre un terme à certaines gabegies budgétaires ; l’enseignement professionnel est décrié alors qu’il réussit globalement beaucoup mieux que l’apprentissage.

Question de Gérard en conclusion : quelle place pour la FSU dans les débats qui vont s’ouvrir ?

Réponse de Fadela Amara

Proposition qu’une personne à la FSU travaille avec son cabinet. Pour les débats, les dates sont définies (environ 200 dates et débats). Les réunions seront publiques. Le droit à y être doit être respecté, pour tout postulant, par tous les préfets et élus responsables de l’organisation, en liaison avec le ministère.

Michel Fouquet


RSS 2.0 | Plan du site | Réalisé avec SPIP | Site national de la FSU