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Faire front aux politiques répressives et sécuritaires

vendredi 27 janvier 2006  Enregistrer au format PDF


Après la crise des banlieues, le gouvernement a engagé à la fois des attaques contre les droits sociaux (code du travail, services publics...) et renforcé un puzzle répressif et sécuritaire déjà engagé depuis plusieurs années, à partir d’un véritable arsenal juridique. La peur de l’autre et sa négation permettent de faire passer les pires attaques contre les droits sociaux et les libertés.

Tous les secteurs sont touchés : la Justice, le secteur social, l’Education, les politiques de la ville, les politiques d’immigration.

  • la Justice : lois Perben 1 et 2, loi de traitement de la récidive, remise en cause de l’ordonnance de 1945.
  • Le Secteur Social : projet de loi sur la prévention de la délinquance, projet de loi sur la protection de l’enfance, plan de cohésion sociale.
  • L’Education : dispositifs de repérage, mise en place de fichiers dans le cadre du PPRE de la loi Fillon, PRE dans la loi Borloo.
  • Les Politiques de la Ville : mise en place des Comités Locaux de Sécurité et Prévention de la Délinquance (CLSPD), les Projets de réussite éducative et certains volets de la loi Borloo.

Toutes ces lois ou projets de lois ont en commun la stigmatisation des populations les plus précaires : « toute personne présentant des difficultés sociales éducatives ou matérielles ».

Cette définition concerne en France 9 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, des milliers de sans logis, de sans emplois, les exclus de tous les dispositifs d’aide, les jeunes en situation d’échec scolaire, les immigrés et tout particulièrement les sans-papiers.

Une confusion voulue, volontaire et orchestrée permet ainsi, un amalgame entre difficultés sociales et délinquance.

Des écoles, des lycées et des collèges utilisent de plus en plus la biométrie comme moyen de contrôle social. Le ministre de Robien comme seule réponse aux violences scolaires diminue le nombre de personnels éducatifs et propose d’affecter des policiers dans les établissements.

Dans ce contexte, l’utilisation de la vidéo-surveillance pose problème.

Alors que le gouvernement ne donne aucun moyen aux services publics pour exercer leurs missions, il n’y a pas un jour sans qu’une annonce ne soit faite pour renforcer le rôle répressif et sécuritaire de l’Etat.

Après la loi d’orientation Fillon qui organise le tri social en rendant les élèves et leurs familles responsables de leur échec, le projet de loi dite de "l’Egalité des chances" renforce la logique de mise en place d’un système de ségrégation sociale.

La FSU ne peut accepter ces lois anti-démocratiques bafouant tout le travail éducatif et de prévention fondé sur une relation de confiance, sans jugement, dans laquelle l’individu n’est pas suspecté en permanence mais au contraire accompagné pour accéder à une pleine citoyenneté et tenir toute sa place dans la société.

La FSU refuse la remise en cause du secret professionnel et l’obligation de délation, contenue dans tous ces textes de lois, qui anéantit toute politique d’éducation, de prévention et d’accompagnement des personnes.

La FSU refuse tout amalgame entre le champ de l’éducatif, du social, de la santé et le champ du répressif et du sécuritaire.

Les mineurs les plus en difficultés sont particulièrement visés par la politique sécuritaire du gouvernement. Leur enfermement sous toute ces formes est organisé par les centres fermés et la création des prisons pour mineurs (EPM). La FSU s’oppose à la mise en place de ces structures et appellent à participer aux collectifs anti EPM qui se mettent en place.

La FSU appelle à résister à la mise en place des dispositions liberticides de ces lois. Elle soutiendra effectivement les personnels qui s’opposent à la mise en œuvre de ces dispositifs sécuritaires et qui appellent à la désobéissance.

A la suite des émeutes du mois de novembre, 750 jeunes sont en prison, pour leur grande majorité primo-délinquant du fait de comparutions immédiates ou de procès expéditifs. La FSU exige que tout soit fait pour rétablir le droit de ses jeunes à une justice équitable. Ces jeunes s’ajoutent aux 59 000 personnes qui vivent dans des prisons, souvent surpeuplées, un rapport international vient de dénoncer des violations des droits de l’homme quotidiennes et des atteintes à la dignité qui se déroulent dans les prisons françaises.

En outre cette politique sécuritaire fait suite aux poursuites engagées contre les lycéens mobilisés contre la loi Fillon au printemps dernier et dont les procès se poursuivent.

De très nombreuses mesures sont venues durcir les conditions de vie des immigrés en France. Sarkozy veut faire du chiffre en expulsant 23 000 immigrés dans l’année. Le droit d’asile n’existe de fait quasiment plus. Il est refusé à des ressortissants de pays en guerre dont la vie est menacée (Tchétchénie, Côte-d’Ivoire...).

Les conditions de mariage avec un(e) étranger(e) ont été durcies, le temps nécessaire pour les naturalisations a été doublé et le regroupement familial est devenu très difficile. L’accès aux soins des malades étrangers est soumis à des conditions de domiliciation, ce qui les prive du droit à la santé. Grâce aux nombreuses luttes entreprises par RESF, la scolarisation des élèves est en principe garantie jusqu’en juin. Mais l’absence de droits pour leurs parents les prive du droit internationalement reconnu de vivre en famille. Et le pire est à craindre à la fin de l’année scolaire.

Le racisme et l’exclusion que subissent les Roms s’aggravent.

La FSU exige l’abrogation des nouvelles lois qui stigmatisent les étrangers, elle appelle les personnels à rejoindre les collectifs et les réseaux d’aides aux sans papiers et aux mineurs étrangers. Elle appelle notamment à participer à l’initiative nationale de RESF le 1er février.
La FSU appelle à participer à la mobilisation contre le projet de loi de prévention de la délinquance dans le cadre du CNU (Collectif National Unitaire anti délation).

La FSU revendique de véritables politiques éducative et sociale qui seules peuvent constituer une alternative aux orientations de ce gouvernement dont le seul objectif est le maintien de l’ordre dans un contexte ultra-libéral, véritable machine à produire de l’exclusion.


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