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Hors thèmes : Pourquoi les enseignants-chercheurs ont-ils été défaits ?

mercredi 6 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


En Janvier et en Mars des millions travailleurs manifestaient à l’appel des organisations syndicales. Ils exprimaient leur volonté de combattre le gouvernement, le MEDEF, les plans de licenciements et l’ensemble des contre-réformes. Mais ce n’était pas l’objectif des directions syndicales. Au contraire elles ne cessent de revendiquer d’être associées à l’élaboration de ces « réformes ». Ce dialogue social est la planche de salut du gouvernement. Ainsi Sarkozy convoque les directions syndicales à un « sommet social » le 18 février. Alors qu’une mobilisation historique se développe à l’université, au soir de ce sommet, il fanfaronne : je maintiendrais toutes mes « réformes » à l’université comme ailleurs.
Le mouvement dans les universités a été défait malgré l’acharnement des enseignants-chercheurs à combattre le projet de décret de modulation de leur service et le projet de « réforme » de la formation des enseignants.

Les directions syndicales portent une responsabilité écrasante dans cette défaite.

En premier lieu la FSU qui a refusé de reprendre à son compte les revendications, notamment le retrait de la réforme de la formation des maîtres, et dressé un barrage pour empêcher la jonction avec tous les enseignants aussi visés par cette « réforme ». Leur participation massive aux manifestations de janvier et de mars montrait qu’ils y étaient prêts. Une telle jonction aurait permis de vaincre le gouvernement !

En février, par la force de leur mobilisation, les enseignants-chercheurs imposent à la direction du SNESUP de ne pas aller réécrire le décret de Pécresse. Tant que le SNESUP a maintenu ce refus, le gouvernement a été paralysé.

Avant qu’il puisse imposer « ses réformes », il fallait que les directions syndicales disloquent le mouvement, le faisant exploser en une multitude de coordinations (il y en avait 7 fin mars : universités, étudiants, précaires, IUFM, IATOS, IUT et des laboratoires).

A la coordination des laboratoires du 7 avril, elles se battent, contre la volonté des délégués, pour que soit retiré tout préalable à des négociations avec le gouvernement dont l’exigence du retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs !

Les 8 et 9 avril, les représentants de la FSU et de ses syndicats participaient au CTP du MESR et au CS de la FPE qui ont adopté ce projet de décret, avec le SNESUP qui réintégrait ainsi officiellement la table des négociations. Le gouvernement pouvait reprendre l’offensive. Qu’ils aient voté contre n’y a rien changé, l’essentiel était qu’ils participent. Le 23 avril, le décret était signé.

A l’université, dans la recherche comme partout, s’opposer à la déferlante d’attaques du gouvernement nécessite de rompre avec ce syndicalisme « responsable », avec le dialogue social. Plus que jamais, la défense réelle des revendications exige la rupture avec le gouvernement et le combat dans l’unité contre lui.


Marie Claire Saint-Lager, élue FU à la CA nationale du SNCS


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