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Hors thèmes : Résolutions

mercredi 6 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Les annonces ont été faites, l’illusion d’une concertation a été mise en scène, les textes sont publiés ou près de l’être : 2010 va être l’année décisive pour le démontage de notre système éducatif, de la maternelle à l’université, de la formation des enseignantEs, de la poste et des autres services publics, puis des retraites… Et tout ça avec une soumission aux puissances financières et industrielles qui vivent de "la crise", qui attisent les guerres et le pillage des ressources naturelles… Et aussi avec une répression des opposantEs, des jeunes, des immigrés, et une attaque des libertés, qui ne sont pas sans rappeler les périodes sombres de notre histoire.

Comment en 2010 mettre Sarkozy, sa bande et ceux dont ils sont les serviles exécutants, hors d’état de nuire ? Voilà le sacré problème dont la résolution importe à l’ensemble des travailleurEs de ce pays et donc aux organisations qui sont censées les défendre.

Or, en ce début d’année, les directions syndicales y vont de leurs "bonnes résolutions" : une grève, le 21 janvier, dans la fonction publique et une manifestation nationale FSU… le 30 ; dispositif qui bute sur le congrès de la FSU, puis sur les congés décalés de février et qui ne pourrait permettre de construire un rapport de force suffisant, qu’avec une entrée en grève de l’éducation avant le 21 janvier, comme l’ont demandé les lycéens et les AG de personnels.

Pour être à la hauteur de l’offensive gouvernementale et de l’attente des travailleurEs qui, à chaque fois qu’on leur en a donné l’occasion (29 janvier et 19 mars 2009, LKP aux Antilles…), ont montré leur désir d’en finir avec ce régime, il faut de tout autres résolutions :
-  se prononcer et agir contre TOUT ce qui vient de ce pouvoir, ne pas tomber dans le piège de quelques mesures en apparence moins repoussantes. La cohérence de l’ensemble de cette politique rétrograde annule de toute façon la portée de dispositions qui seraient plus acceptables en apparence, et qui ne sont là que pour appâter le "gogo syndical" ;
-  dénoncer le "dialogue social" de Sarkozy et cesser toute participation aux réunions de concertation/caution, qui, loin d’accroître l’audience de la FSU, la disqualifient : quand un "contrat " n’a pas ou plus de raison d’être ou bien est entaché de nullité, on doit prononce sa "résolution" ;
-  faire le choix de la clarté revendicative (retrait de toutes les réformes et projets, 300 euros pour touTEs, 37,5 annuités pour une retraite pleine à 60 ans, titularisation de touTEs les précaires, arrêt immédiat de la répression et des mesures liberticides…). Le flou -on dit maintenant "basse résolution"- les reniements entretiennent d’illusoires unités qui se délitent quand le rapport de force menace le pouvoir (comme en 1995 et en 2003) ;
-  appeler les AG à voter la grève reconductible dès le 14 janvier et à généraliser cette grève à l’ensemble des secteurs, de façon à faire des 21 et 30 janvier, non de rituelles actions saute-mouton, mais des étapes coordonnées du mouvement à construire pour espérer gagner sur les revendications. Et les AG doivent pouvoir se coordonner avec le soutien syndical et décider la poursuite de l’action en fonction de l’évaluation du rapport de force.

C’est à ce prix, que les résolutions des congrès syndicaux ne seront pas lettre morte et serviront les luttes.

Olivier Vinay (Émancipation)


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