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« Il faut des mesures urgentes sur le social » A Bruxelles, les syndicats européens partagés sur les suites à donner au non au référendum.

vendredi 17 juin 2005  Enregistrer au format PDF


Comment rebondir après les non français et néerlandais ? Réunis hier à Bruxelles, les dirigeants syndicaux de toute l’Europe ont bien du mal à s’accorder sur la réponse. Le comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES), rassemblant 70 secrétaires généraux d’organisations nationales, dont cinq Français (CFDT, FO, CGT, Unsa, CFTC), affichait un désarroi certain. Le Britannique John Monks, leader de la CES, a mis sur la table une résolution qui a tout d’un « plan B » : l’Union européenne, suggère ce texte, « doit consulter le peuple par le biais d’un grand débat » organisé « sur la base d’une note rédigée en style accessible », de façon à aboutir « dans le délai d’un an » à une « déclaration sur l’avenir de l’Europe ». Celle-ci, une fois adoptée par les gouvernements, serait soumise en 2007 à ratification. Exit donc le soutien de la CES à la Constitution et le processus de ratification en cours.

Mais John Monks se heurte à l’opposition des syndicalistes italiens et espagnols : « Le non n’est pas supérieur au oui. 250 millions d’Européens ont dit oui, il faut laisser les autres continuer », arguent-ils. Nombre de syndicats qui approuvent la Constitution estiment que plus il y aura de ratifications positives plus les chances sont grandes que le traité demeure la base de toute rediscussion. Mais un autre courant, représenté par la Confédération des syndicats britanniques, répond, lui, qu’il faut « laisser les pays décider de ce qu’ils ont à faire ». La séance est tellement tendue que la rédaction de la résolution est renvoyée à ce matin. « C’est un prélude à ce qui va se passer jeudi au Conseil européen », prédit le leader de la CFDT, François Chérèque.

Autre débat : comment interpréter les votes français et néerlandais ? Jean-Claude Mailly (FO) évoque « un vote de classe ». Mais François Chérèque balance à la tribune : « J’ai vu de la xénophobie dans certains propos », et dénonce « l’exploitation politique » de tels sentiments. L’affaire du « plombier polonais » est dans toutes les têtes. Les syndicalistes polonais et roumains font savoir qu’ils apprécient peu « qu’on joue les salariés contre les salariés ». « Mais c’est le commissaire Bolkestein lui-même qui a lancé l’expression », proteste Mailly. Bernard Thibault (CGT) n’esquive pas le débat, mais, selon lui, si la xénophobie existe bien en France ­ « elle était déjà présente en 2002 » lorsque Le Pen a accédé au second tour de la présidentielle ­, elle ne suffit certainement pas à expliquer le rejet du traité. En fait, tous les dirigeants sont d’accord pour admettre que le déficit social de l’Europe est la première cause du rejet du traité constitutionnel.
Du coup, la CES devrait revenir aux « fondamentaux » du syndicalisme, et durcir ses exigences : « Il faut des mesures urgentes sur le social et l’économique », plaide Joël Decaillon, un des adjoints (français) de John Monks : cela concerne en priorité le budget européen qui se discutera au conseil, mais aussi les directives Bolkestein, temps de travail et autres. Pas question d’attendre la fin du processus constitutionnel pour obtenir des réponses de la Commission et des Etats membres.


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