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Ingrid Darroman (SNES) Bruno Dufour (SNUipp)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Parité, renouvellement : des actes pour avancer sur les objectifs.

Les congrès départementaux de préparation au congrès national auront à se prononcer sur des propositions de modifications statutaires et notamment sur une proposition de nouvel article (article 5 bis ) concernant la représentation des femmes dans les instances de la fédération et la limitation des mandats. Ce débat ne se cantonne pas à une modification administrative, il est en germe depuis longtemps dans la fédération et dans de nombreux syndicats nationaux. Au dernier Congrès, une proposition d’inclure la parité dans les instances de la FSU avait été faite et avait recueilli plus d’un tiers des voix. Le débat tournait évidemment autour des moyens que la fédération peut se donner pour atteindre l’objectif que nous recherchons tous : une représentation dans les instances au plus proche de notre syndicalisation, une égalité des hommes et des femmes dans la représentation syndicale. Trois ans après, où en sommes-nous ?
Les femmes sont sous représentées dans les instances délibératives et exécutives ( départementales et nationales ) comme dans les « représentations publiques ». La présence des femmes dans les secteurs est inégale : fortement présentes dans le secteur éducatif, elles le sont beaucoup moins dans le champ purement fédéral.
On le voit, une politique « volontariste » dans ses mots n’a pas suffit pour se traduire effectivement par des changements. Que faire aujourd’hui ? Relancer le débat pour essayer de « tendre vers » la parité ou adopter une position de transformation, difficile à mettre en place certes, mais nécessaire et cohérente avec nos revendications dans le domaine des droits des femmes ?
La CGT a adopté il y a moins d’un an une charte égalité hommes femmes dans un objectif d’approche intégrée de l’égalité : concevoir l’égalité en permanence et en amont de toute décision. Des syndicats nationaux de la FSU ont inscrit dans leurs statuts la limitation des mandats pour intégrer la question du renouvellement des responsables et contraindre à un « retour sur le terrain » après une certaine « coupure » : ces expériences ont porté leurs fruits. Elles ont induit des changements de pratiques militantes, une meilleure intégration de la question femmes, et les instances n’en ont pas périclité, ni la qualité de leurs décisions !
Faire un choix statutaire, c’est faire de cette question un principe pour toute la FSU car la logique « naturelle » et les bonnes intentions proclamées de congrès en congrès ne suffisent pas pour avancer dans le bon sens. C’est une certaine forme de contrainte imposée à tous les syndiqués de la fédération, à toutes ses composantes qui aura naturellement des conséquences sur les choix faits par celles-ci pour leur représentation au sein des instances fédérales.
Adopter la parité dans nos statuts, c’est intégrer que la question de la place des femmes dans le syndicalisme ne doit pas attendre un changement de mentalités, c’est au contraire contribuer à le provoquer, intégrer que cette question nécessite tout autant de considération que celle d’une structure régionale de la FSU ou de la structuration des retraité-e-s. Si la réalité des lieux de décision institutionnels nous pousse à changer notre structuration, la réalité du peu de place qu’occupent les femmes dans les instances fédérales est une urgence qui nécessite de vraies décisions. Cela passe notamment par des modifications statutaires.


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