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Interventions au congrès Fsu

lundi 8 mars 2010  Enregistrer au format PDF

Rien n’avance naturellement


Le secteur femmes poursuit son investissement dans la fédération pour promouvoir l’importance de la question de l’égalité Femmes/Hommes dans les revendications et actions syndicales. Tout en privilégiant la réflexion-formation au sein du secteur, notamment avec l’aide d’intervenant-es extérieur-es et en produisant deux 4 pages par an, dont vous avez un exemplaire dans votre pochette de congressistes.
Le secteur poursuit depuis 11 ans son investissement dans l’animation du stage Intersyndical femmes de mars avec Solidaires et la CGT. Ainsi, nous sommes tout à fait dans les mandats Fsu de travail avec d’autres syndicats…

Tout au long de l’année 2010, nous participerons aux actions menées par la Marche Mondiale des Femmes (MMF) pour que les droits des femmes ne soient pas oubliés. Le lancement aura lieu le 8 mars pour finir le 17 octobre au Congo à Bukavu. 2010 est aussi l’année des 40 ans du mouvement féministe et bon nombre d’actions auront lieu auxquelles nous participerons.

Nous savons que nous sommes dans une période de crise économique et sociale, difficile pour tout le monde mais encore plus pour les femmes.

Le travail des congrès départementaux montre la sensibilisation locale aux différents problèmes rencontrés par les femmes et je reprendrais quelques points comme

- les attaques sur les services publics de santé avec la difficulté pour les femmes de pratiquer une IVG ou de consulter des spécialistes, ce qui les obligent à se tourner vers le secteur privé aux tarifs prohibitifs

- le désengagement de l’état dans l’information à la contraception, à la sexualité des jeunes.

- les menaces sur les subventions aux associations comme celles du planning familial qui prend en compte l’info sur les comportements sexistes des jeunes.

- les discriminations à l’embauche, tout particulièrement lorsque les femmes sont enceintes, mais aussi la place dérisoire des femmes dans l’encadrement et leurs difficultés à avoir un déroulement de carrière satisfaisant,

- les attaques sur les retraites qui pénalisent encore plus fortement les femmes puisque ces dernières gagnant en moyenne 1/3 de moins que les hommes.

Certains congrès ont aussi pointé ce qui est au cœur même de la situation des femmes et rend difficile les évolutions : le poids des tâches domestiques qui repose toujours quasi exclusivement sur les femmes et les violences envers les femmes.

D’où les demandes des congrès départementaux :

- d’une éducation antisexiste avec une vraie réflexion sur les représentations de genre dans les manuels scolaires et, bien sûr, une formation des personnels qui doivent intégrer ces enjeux,

- d’une féminisation des textes produits par la Fsu,

- d’une campagne sur les revendications pour les femmes dans la FP où la Fsu pourrait être porteuse de revendications concrètes,

- d’une loi cadre sur les violences faites aux femmes.
Si la Fsu doit mener une action avec les autres syndicats pour la défense des droits des femmes de façon générale, elle doit aussi promouvoir les femmes au sein même de ses instances nationales et départementales. Cela ne peut être une question traitée à part, qu’on ajoute – ou pas - au dernier moment.

Il n’y a pas de faiblesse numérique des femmes dans nos organisations, mais comme le dit la chercheuse Yannick Le Quentrec :
l’Histoire montre que rien n’avance naturellement !

Un Observatoire de la parité a été voté par les congressistes à Marseille mais n’a pas été en capacité de fonctionner. Nous demandons qu’il soit réellement mis en place, qu’il fasse une analyse de l’ évolution de la place des femmes dans la Fsu car, sans mystifier les statistiques, nous pensons qu’une analyse chiffrée peut servir un projet syndical. Pour fonctionner il doit être reconnu utile et avoir des moyens avec, par exemple, des heures de décharges affectées à ce travail et une publication.

La Fsu doit produire un bilan complet à chaque congrès avec les actions qu’elle compte mettre en place.

Donnons-nous les moyens de rétablir une vraie égalité au sein des instances avec un partage des moyens et des responsabilités. Nous constatons ainsi que les femmes prennent plus facilement des responsabilités dans les instances collégiales, et qu’elles ont plutôt tendance à ne pas avoir autant de volume de décharge que les hommes dans les SD à responsabilité égale.

Rien ne sert d’afficher des statuts qui prennent en compte l’égalité F/H si des mesures simples ne sont pas mises en place, comme favoriser les structures collégiales dans les SD, voire les favoriser par un volume de décharges supplémentaires. Mesures qui sans tout régler permettent de changer les comportements.

Nous savons toutes et tous que la loi ne règle pas tout, qu’il faut aussi un dispositif autour et une vraie volonté de l’appliquer.

Marie-Caroline Guérin
Pour le secteur Femmes


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