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Jean Pierre Cohen (SNES)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


La FSU doit défendre les études supérieures au lycée

Les formations supérieures des lycées accueillent plus de 30 % des bacheliers, en classes de techniciens supérieurs, classes préparatoires, formation comptable ou autres cursus. Réunir au sein d’un même établissement des études secondaires et supérieures permet une articulation forte pour le passage d’un cycle d’enseignement à l’autre, avec des professeurs qui se côtoient ou qui interviennent parfois sur les deux cycles. 2200 lycées publics possèdent des formations supérieures, c’est un véritable maillage du territoire, permettant d’assurer une offre de proximité, aux côtés des 81 universités et 114 IUT. Le SNES défend ces formations et prône leur développement dans les quartiers défavorisés, pourquoi ?
Parce qu’il est prouvé qu’un élève scolarisé dans un lycée possédant des formations supérieures envisage plus volontiers la poursuite d’études, dans son établissement ou ailleurs. Plus important, lorsque l’on sait que les élèves d’origine sociale défavorisée ont une tendance à l’auto censure vis à vis des études supérieures, le bénéfice qu’un élève d’origine sociale défavorisé tire du contexte scolaire annule pratiquement l’effet négatif de l’origine sociale sur son choix.(*)
Parce que ces formations sont une véritable voie de réussite : 90 % des étudiants de lycées valident leurs deux années de formation (réussite à l’examen, entrée dans une grande école, accès à l’université en licence). Les étudiants expriment leur satisfaction (enquête de la DEP, 2004) avec un point fort sur le contenu des études, la disponibilité des enseignants, les modalités de contrôle des connaissances.
Parce qu’elles pourraient être un modèle pour l’université, dont le sous financement est inacceptable. Il faut en effet que les premiers cycles universitaires puissent offrir les mêmes conditions d’études que les lycées, pour résorber durablement l’échec, qui est aussi un échec social. Le simple et simpliste transfert des crédits alloués aux prépas vers les universités, préconisé par certains, n’aboutirait qu’à détruire un système qui prouve son succès, pour un effet financier très faible.
Parce que la diversité de notre enseignement supérieur est une richesse pour les élèves autant que pour les enseignants. Les professeurs des lycées ont avant tout choisi une carrière qui leur permet de concilier la passion de leur discipline avec l’investissement pédagogique. L’évolution des disciplines ou les avancées technologiques les obligent à rester en contact avec la recherche ou le monde professionnel. Cela irrigue aussi leur enseignement que d’initier les élèves aux démarches de recherche : projets, questions ouvertes, etc.
N’opposons pas les formations, travaillons ensemble dans le service public d’éducation pour que l’enseignement supérieur accueille davantage de jeunes, de toutes origines sociales et les fasse réussir.v
(*) « Impact du contexte scolaire dans l’élaboration des choix d’études supérieures », par Nadia Nakhili , IREDU, Institut de recherche sur l’éducation (Université de Bourgogne - CNRS) , 2004.


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