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Jeune femme disparue à Nantes

jeudi 3 février 2011  Enregistrer au format PDF

DISPARUE DE NANTES : Les vrais responsables, pas de boucs émissaires !!!!


La disparition tragique d’une jeune femme à Nantes a mis de nouveau en lumière la question de l’effectivité de l’exécution des peines, ceci quelques jours après les annonces du Garde
des Sceaux donnant pour priorité à son ministère l’exécution des 82000 peines à ce jour en attente dans les tribunaux.

Alors que les autorités politiques se sont désormais saisis de l’affaire, le SNEPAP-FSU ne peut entendre des accusations qui seraient portés contre les professionnels du service public de la Justice, et notamment les personnels des Services d’Insertion et de Probation, dans un contexte où ces mêmes autorités politiques allouent un budget au Ministère de la Justice représentant à peine 2,5% du budget de l’Etat mettant, selon le conseil de l’Europe, la France au 35è rang sur 43 pays en terme de dépenses pour ce poste ! Au même niveau que l’Arménie...!!!!

Pour le SNEPAP-FSU, dans cette affaire dramatique, la question n’est pas d’affirmer que le Sursis avec Mise à l’Epreuve prononcé en l’espèce pour outrage à magistrat aurait dû être suivi, car bien sûr toute peine doit être exécutée, mais bien de se demander si le SME pouvait être suivi dans des conditions assurant réellement une prévention des risques de récidive aussi élevée qu’il est possible de le faire !
Et la réponse est malheureusement NON.

Le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) de Loire-Atlantique, comme tant d’autres en France, face au manque cruel de personnels, a dû établir un protocole avec l’autorité judiciaire, tout aussi sinistrée, pour déterminer des priorités de prise en charge et plafonner le nombre de personnes suivies à 135 par personnel d’insertion et de probation. Laissant tout de même 800 dossiers de côté... De plus, le SPIP a de plus toujours été transparent vis-à-vis de l’autorité judiciaire et de sa hiérarchie l’informant régulièrement de l’état de la situation !
Pourtant, l’étude d’impact de la loi pénitentiaire préconise un quota de 60 dossiers par personnel d’insertion et de probation, et le recrutement de 1000 personnels supplémentaires ! Les normes internationales fixent quant à elles, ce nombre à 50...

Pourtant, le Ministre de la Justice, alerté par les organisations syndicales sur la situation catastrophique des services, exprimait récemment son doute quant aux besoins en personnels dans les SPIP en y affectant... 75 nouveaux conseillers et directeur d’insertion et de probation sur tout le territoire !

Pourtant le Ministre a préféré favoriser la construction de nouvelles prisons pour un coût exorbitant à l’attribution de moyens pour les services et le développement des partenariats nécessaire à la préparation de la fin des peines...

Il est scandaleux qu’après avoir réduit de façon drastique les créations de postes au sein des SPIP pour de viles raisons financières, le pouvoir politique refuse d’assumer les conséquences désastreuses d’une politique d’annonces, de faux semblants, sans attribuer aucun moyen à même de répondre aux exigences posées.

Il ne suffit pas de faire des lois afin d’apaiser l’opinion publique, Encore faut-il ne pas berner les citoyens !

Pour le SNEPAP-FSU, il est plus que temps que les vrais responsables rendent des comptes !


Communiqué de presse du SNEPAP du 26 janvier 2011


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