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La Marche Mondiale des Femmes Encore une organisation qui doit faire face aux difficultés financières

jeudi 12 janvier 2012  Enregistrer au format PDF


Comme nous le signifions régulièrement dans le POUR Elles, La Marche Mondiale des Femmes (MMF), groupement d’organisations associatives, syndicales et politiques, a lieu tous les 5 ans depuis 2000. Ainsi, nous avons marché en 2000, 2005 et 2010. Ces initiatives se déclinent en actions multiples, au niveau local, national, européen et mondial : organisation de marches, de manifestations, de forums, d’ateliers créatifs, de débats autour des thèmes de la Marche. Les formalités sont chaque fois déterminées collectivement avec des thèmes de revendications unitaires.
La particularité de ce mouvement est de se constituer sur le terrain, dans l’action féministe avec des groupes et organisations venus d’horizons militants, culturels, politiques, sociaux et évidemment géographiques différents.
Entre ces temps forts tous les 5 ans, la MMF continue ses activités en étant à l’initiative et/ou en participant à différentes mobilisations, rencontres.
La caractéristique de ce mouvement est de permettre aux femmes du monde entier de se rencontrer, d’échanger et de partager sur leurs luttes communes ou spécifiques selon le pays.

La MMF se réunit au niveau national, européen et mondial. Pour l’Europe les réunions ont lieu environ tous les 10 mois. La dernière s’est tenue en Macédoine fin septembre. Des délégations de Macédoine, Italie, Galicie, Pays basque, Portugal, Albanie, Belgique, Suisse, France, catalogne, Turquie étaient présentes. Frédérique Payen représentait la FSU au sein de la délégation française. Cette rencontre sur 3 jours a permis d’échanger sur les différentes actions menées dans les différents territoires et de construire des actions revendicatives communes.

De nombreuses associations féministes à travers le monde, rencontrent de sérieuses difficultés financières. La MMF n’échappe pas à cette situation et dans ce contexte de crise financière, les structures de luttes pour les droits des femmes sont menacées de disparition. Que ce soit en Belgique, en Grande Bretagne, dans les pays nordiques, dans les pays du Sud, le constat est le même : les banques sont renflouées et les associations mises au pilori. Que dire de la France, où les organisations de défense des droits des femmes se battent pour préserver l’infinitésimale proportion d’argent public qui leur est destinée ? Pourtant, il nous apparaît aussi important, voire plus, d’assurer le développement durable et la justice sociale dans tous nos pays, de mettre en œuvre l’égalité des droits et des pouvoirs entre les femmes et les hommes pour que d’équilibrer la balance des paiements.

Aujourd’hui, les financements ont fortement diminué et les dossiers requièrent des conditions administratives sans fins, des obligations de co-financement aux 25000 critères, des demandes organisationnelles inadaptées qui forcent le fond à s’incliner face à la forme et qui placent la créativité loin derrière les figures imposées. Les associations, comme les réseaux, ne sont pas des entreprises ! La plupart n’ont pas de liquidités pour faire les avances sur des fonds qui tardent à venir, elles ne peuvent pas non plus emprunter aux taux bancaires. Elles n’ont souvent pas même les moyens de payer une personne qui va les aider à collecter des aides !

Et que dire de la précarité de l’emploi qui dérive de ces « projets » forcément à court terme, des militantes qui naviguent entre bénévolat et les contrats à durée hasardeuse, prêtes à travailler sans salaire pour sauver leur association… Pensons aux parachutes dorés.
Dans le monde anglo-saxon, notamment aux Etats-Unis, les grosses corporations et les fondations d’entreprises financent la « société civile » à coup de millions de dollars. En Europe, les associations hésitent à les solliciter, par tradition, par méfiance et/ou par idéologie/éthique. Par bêtise, affirment certain-es en martelant qu’il n’y a plus d’autres solutions. Bill Gates et Goldman Sachs s’érigent en nouveaux banquiers du développement, et les agences de cotation déterminent l’avenir du mouvement social. Est-ce là le seul « choix » qu’il nous reste face à la démission des pouvoirs publics ?

On a pu constater à l’occasion de cette rencontre européenne que certains pays n’ont pu être présents faute de moyens. Malgré cela, la Marche Mondiale des Femmes continue ses actions et travaille à une action européenne en dépit de la crise et des politiques d’austérité qui touchent l’ensemble de nos pays. Ainsi, une vidéo de témoignages de femmes d’Europe est en cours de réalisation, une manifestation européenne se prépare dans chaque pays une même action, au même moment avec les mêmes slogans.

Au niveau international, les réunions ont lieu tous les 2 ans et demi, 3 ans. La prochaine se tiendra aux Philippines fin novembre 2011, là sans nul doute de nombreux pays seront absents faute de moyens. Un des enjeux de la Marche Mondiale des Femmes est aussi de réfléchir à une meilleure mutualisation des moyens car les inégalités sont importantes entre pays et bien sûr entre continents. Il s’agit de chercher de nouveaux moyens de financement et de développer des partenariats avec d’autres associations pour que toutes les paroles des Femmes à travers le Monde continuent à se faire entendre.

Frédérique Payen


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