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La parité à la Centrale des Syndicats du Québec Diane Courchesne Responsable du Comité de la condition des femmes, CSQ

mardi 28 janvier 2014  Enregistrer au format PDF


Les stéréotypes qui définissent les hommes et les femmes dans la société sont encore très présents, ce qui a plusieurs conséquences dans la vie active des femmes au travail et dans le milieu syndical. Elles ne sont pas nombreuses à s’investir dans les lieux de décision, car elles ont l’impression d’occuper un deuxième travail qui s’ajoute à la lourdeur des tâches du premier et, de ce fait, de pénaliser leur famille. Elles pensent aussi ne pas être à la hauteur, jugeant ne pas posséder toutes les connaissances et les habiletés nécessaires aux tâches à effectuer, habiletés qui appartiennent traditionnellement au modèle dominant attribué aux hommes, d’ailleurs encore présent dans la société et véhiculé par les médias.

Malgré tout, à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Comité et le Réseau de la condition des femmes ne visent pas que l’obtention de la parité dans les comités et les instances, mais plutôt l’atteinte d’une réelle représentation proportionnelle des femmes dans notre organisation syndicale. Cet objectif étant loin d’être atteint, nous devons maintenir le Programme d’accès à l’égalité syndicale (PAES) adopté en 1994 et ses mesures favorisant la participation des femmes. Par exemple, en 2012, on trouvait 52 % de femmes au Conseil général (CG) de la CSQ, alors qu’elles constituaient déjà 75 % des membres de la Centrale.

À la recherche d’une représentation proportionnelle obligatoire 
À la CSQ, il n’y a rien de voté à cet effet. La seule mesure qui privilégie l’implication des femmes, c’est que lors des élections pour certains comités, il y a des postes réservés aux femmes pour le premier tour, ceux-ci correspondant à la majorité des postes du comité. Par exemple, au premier CG qui suit le Congrès, on élit les membres des comités pour le triennat. S’il y a cinq membres à élire et que trois femmes et quatre hommes se présentent, les trois femmes auront le privilège de siéger à ce comité, même si quatre hommes se présentent aussi. L’élection des deux hommes qui joindront aussi le comité se fera entre les quatre hommes qui se sont présentés.

De plus, pour combler les postes restants lors des prochains CG, le privilège des femmes tiendra encore, mais, à ce moment-là, si aucune femme ne se présente et que les hommes se présentent en quantité suffisante pour occuper tous les postes disponibles, ils pourront à ce moment y accéder. C’est donc un moyen pour inciter les femmes à s’impliquer qui découle de la première mesure de notre PAES.

Il est à noter que des fédérations à l’intérieur de la CSQ ont des postes réservés aux femmes dans leur conseil d’administration. La Fédération des enseignantes et enseignants de cégep en est un exemple ; les femmes ont travaillé fort pour y arriver.

Qu’est-ce que le PAES ?
En fait, le PAES est un outil qui donne des moyens pour faciliter la participation des femmes à la vie syndicale et plus particulièrement dans les postes décisionnels ou de pouvoir. Il s’appuie sur trois genres de mesures :

- Les mesures de redressement visent à établir un équilibre dans la représentation à la Centrale. Étant donné que 76 % des membres sont des femmes, on vise donc une représentation proportionnelle de 76 %. Cela se concrétise par une production constante de statistiques de participation aux instances. 

- Les mesures de soutien visent à sensibiliser le milieu au phénomène de discrimination systémique et à faciliter la conciliation vie privée et activités militantes. Par exemple, on paie les frais de garde d’enfants, on planifie les rencontres annuellement pour une meilleure gestion, etc.

- Les mesures d’accès à l’égalité visent à développer les habiletés et à corriger les règles qui font obstacle à la participation des femmes. Par exemple, on organise parfois des réunions sur le temps de travail, on donne des formations sur la prise de parole, la lutte des femmes, etc.

Quelques moyens découlant des mesures du PAES pour amener les femmes à dépasser les limites qu’elles se mettent parfois par peur d’incompétence

D’abord, on incite les organisations affiliées à déléguer des femmes à nos réseaux (femmes, jeunes, santé-sécurité, sociopolitique, etc.) afin qu’elles découvrent les thèmes qui y sont abordés et qu’elles développent leur intérêt à participer à nouveau. On les incite aussi à faire du mentorat avec les nouvelles participantes. On demande dans la mesure du possible, d’encourager et de soutenir les femmes qui possèdent du potentiel et démontrent un certain intérêt, mais qui ont peur parce qu’elles croient qu’elles ne sont pas prêtes. Il en découle différents moyens qui visent le développement des connaissances et des compétences, comme la formation sur la prise de parole.

Nous ne pouvons pas nier la progression de la présence des femmes dans les comités et les instances de pouvoir, mais il reste encore beaucoup à faire.
Notre objectif sera atteint lorsque toutes les organisations de la CSQ seront persuadées que la représentation proportionnelle est un avantage et qu’elle est essentielle pour répondre aux besoins réels de nos membres.


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