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La parité au sein de Syndicat National des Personnels de l’Éducation et du Social-Protection Judiciaire de la Jeunesse (SNPES-PJJ/FSU) LES QUOTAS, UN PASSAGE OBLIGÉ

mardi 28 janvier 2014  Enregistrer au format PDF


L’inscription de la parité dans les statuts du SNPES-PJJ pour la composition de la Commission Administrative Nationale (CAN) ne s’est pas faite avec facilité et aisance, du jour au lendemain.
D’abord, il faut rappeler l’histoire de notre institution, la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de notre syndicat pour comprendre que si le contexte a été, à un moment donné plus favorable, il a nécessité tout de même contraintes et obligations.

L’arrivée d’une génération d’éducatrices en lien avec la mixité du corps majoritaire à l’éducation surveillée (ancienne PJJ) dans les années 1970 a ouvert la voie au militantisme féminin. Plus nombreuses, moins isolées, les femmes ont pu s’investir dans des action syndicales. De plus, cette période correspondait à la fin progressive de grandes structures de placement pour les jeunes ; structures dans lesquelles le sexisme était monnaie courante. Les éducatrices ont été à l’initiative de ce combat anti-sexiste tout en menant avec notre organisation syndicale la lutte pour la fermeture de ces institutions maltraitantes pour les jeunes. Par ailleurs, multi-catégoriel, le SNPES-PJJ a pu accueillir des représentant-es des corps plus masculinisés (éducateurs, professeurs techniques...) comme ceux des corps plus féminisées (assistante sociale, infirmière, psychologue...).

Au sein du SNPES-PJJ, l’élection d’une femme en tant que secrétaire générale de 1992 à 1996, suivie par deux autres, a favorisé cette dynamique naissante de prise en compte de la situation des femmes au sein du syndicat. Dans le même temps les stages « femmes » intersyndicaux voient le jour (1999) et renait le mouvement féministe par la création du Collectif National pour les Droits des Femmes. Au sein de la FSU, le secteur femmes s’autonomise du secteur droits et libertés. Au sein du SNPES-PJJ, la commission femmes est créée.
Le contexte est alors « favorable » pour, dans un premier temps, porter une attention particulière afin de « s’assurer de » la parité lors de l’élection de la CAN en ce qui concerne les élu-es nationaux.

Plusieurs années et de nombreux débats plus tard, face au constat que cette volonté ne suffisait pas, décision est prise lors du congrès de Lille en 2006 de passer à un mode contraignant en inscrivant la parité dans les statuts du SNPES-PJJ/FSU : « sont
déclaré(es) élu(e)s nationaux au premier tour, dans un ordre décroissant, un nombre maximum de 14 noms, composé à parité d’hommes et de femmes ayant obtenu au moins 50 % des voix plus une »
. Cette modification statutaire a été approuvée à hauteur de 59,94 % des votants exprimés.

Lorsque les débats sur les quotas sont apparus au sein de mon syndicat, j’étais intuitivement contre, sous prétexte d’arguments assez classiques comme la non-légitimité de ces places obtenues par des règles statutaires, la vision des quotas comme des alibis...
Et puis finalement, à discuter avec les camarades femmes présentes au bureau national, j’ai commencé à évoluer sur la question. Avec le recul maintenant et l’ayant moi-même constaté, je suis persuadée que si l’on n’avait pas inscrit la parité dans nos statuts, nombre de femmes auraient laissé leur place… naturellement.

Entre les déclarations d’intention et le passage à la concrétisation d’une idée, il y a un écart important. Les débats vifs et ardus concernant la modification statutaire pour instaurer la parité en sont la preuve.
Si au SNPES-PJJ ce passage n’a pas été sans mal, l’inscription de la parité n’est plus contestée par personne aujourd’hui. Même si cela est difficile à obtenir, la parité est devenue naturelle.

Confier des responsabilités à des femmes n’est plus une question qui se pose, c’est une obligation, source d’enrichissement, d’avancées, principalement au niveau national.

L’enjeu actuel réside sur le plan local où la composition des instances reste encore très masculine. La faible présence des femmes au sein des sections territoriales et régionales syndicales limite la capacité du syndicat à assurer une répartition équilibrée des hommes et des femmes sur des listes, en particulier en position éligible.

L’intégration des femmes à la vie syndicale, aux arcanes de l’organisation, n’a rien d’automatique ; elle exige une volonté collective : celle de renouveler les pratiques syndicales en prenant en compte de nouvelles formes d’engagement. Elle humanise le militantisme en prenant en compte la vie réelle. Elle exige donc que le syndicat prenne de vraies mesures pour permettre aux femmes de concilier vie professionnelle, vie syndicale et vie personnelle et ainsi d’être plus nombreuses à accéder à des responsabilités.
À la Protection Judiciaire de la Jeunesse, les femmes sont majoritairement représentées (59,73 %)… comme au SNPES-PJJ (57 %). Il est donc éminemment important que les femmes prennent toute leur place au sein des instances décisionnelles du syndicat et qu’elles y exercent des responsabilités afin qu’il soit réellement mixte, à l’image de l’institution.

Cela signifie concevoir l’égalité en permanence et en amont de toute décision, prendre des décisions concrètes pour intégrer cette approche dans la structure même du SNPES-PJJ, dans les pratiques syndicales et dans les actions collectives. C’est une vigilance de tous les instants, des efforts permanents mais cela vaut le coup si l’on veut réellement porter les valeurs du féminisme.

Laurence Le Louët
secrétaire régionale Grand Ouest SNPES-PJJ/FSU
Membre du secteur femmes de la FSU


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