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Laure Bennassar (SNES, Ecole Emancipée)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


L’ apprentissage : quelle orientation ?

Depuis plusieurs années le patronat multiplie les campagnes de promotion de l’apprentissage. Quel que soit le support (presse écrite, affiches, radio...), le message est le même : l’apprentissage, c’est super, on obtient un diplôme tout en percevant un salaire.
Aujourd’hui, gouvernement et Régions relaient largement ce message de nombreux établissements publics ouvrent des sections d’apprentissage en justifiant leurs choix par le maintien de postes d’enseignants.
Rien n’est dit par contre sur la ségrégation à l’embauche envers les jeunes issus de l’immigration et les jeunes filles.
Le gouvernement a mis en place l’apprentissage junior sensé remédier aux difficultés scolaires. Le jeune pourrait à tout moment revenir dans son collège d’origine, là aussi il semble bien illusoire qu’un collégien de 14 ans en échec scolaire puisse sans soucis après 6 mois d’interruption retrouver sa classe et y suivre une scolarité sans problème. Rien n’est prévu pour accompagner l’élève et lui permettre de réussir.
Ainsi dans de nombreuses académies nous assistons à des plans de relance de l’enseignement professionnel. A grands renforts de stages, de conférences et de visites destinés aux professeurs principaux et aux COPSY l’enseignement professionnel est largement vanté. Parallèlement on a au préalable fermé de nombreuses sections considérées comme n’offrant pas une insertion suffisante et donc très mathématiquement de nombreux jeunes de troisième n’ont pas d’affectation au mois de juin. Condamnés à redoubler la classe de 3ème ou à trouver un apprentissage...d’où une augmentation de l’orientation en apprentissage.
Alors qu’en est-il de l’adéquation formation emploi ? Outre que l’emploi fluctue et qu’il est bien difficile de prévoir avec plusieurs années d’anticipation quels vont être les besoins en terme d’emploi aussi bien à l’échelle régionale qu’à l’échelle nationale. En effet il faut compter 2 ans à une formation pour se mettre en place, en imaginant un cycle de formation sur 4 ans (BEP + Bac Pro), toute prospective est condamnée à l’échec avec 6 ans d’anticipation. D’ailleurs les dernières enquêtes du CEREQ montrent qu’une personne sur 2 au niveau V travaille dans un secteur différent de sa formation initiale et qu’ils sont encore près de 40% dans ce cas au niveau IV.
La solution réside donc dans des formations généralistes permettant de fait l’acquisition d’une réelle culture commune.


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