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Le projet de cadre européen

vendredi 6 janvier 2006  Enregistrer au format PDF


Le Projet de Cadre Européen des Certifications Professionnelles s’inscrit dans la continuité des processus européens et des travaux « éducation et formation ». L’objectif affiché est de permettre la lisibilité et la reconnaissance des qualifications / certifications construites ou à construire par les systèmes nationaux. Mais derrière cette volonté affichée, acceptable en soi, le projet de la Commission européenne soulève néanmoins de très sérieuses inquiétudes.

Tout d’abord, les terminologies adoptées, compétences, qualifications, certifications, savoirs... renferment, en l’absence de précisions rigoureuses dans les différentes langues, des significations multiples porteuses de graves conclusions. Mais la principale difficulté provient d’une réponse peu claire à la question : à quoi sert un cadre européen de certifications professionnelles ? Pour la FSU, ce cadre n’aurait de sens que s’il renforçait les droits des salariés et s’il pouvait en conférer de nouveaux. A ce niveau, la volonté de renvoyer à chaque Etat la responsabilité de négociations de ces droits dans les différentes branches professionnelles n’apporte aucune amélioration à la situation actuelle, bien au contraire.
La seconde difficulté provient de la grille des niveaux de certifications et de la possibilité de bâtir, réellement, une relation entre cette grille et les cadres nationaux existants dans les pays comme la France. En fait, il est bien difficile de positionner les titres et les diplômes dans la matrice proposée qui comporte 8 niveaux répartis en 6 compétences soit 48 critères de certification. De plus, la grille prétend évaluer non pas les qualifications mais les « performances », des « résultats d’apprentissage », des « compétences sociales » laissant aux employeurs la responsabilité de juger des compétences professionnelles en l’absence de grilles de classification reconnues dans les conventions collectives. C’est tout particulièrement le cas des trois premiers niveaux de certification qui ne correspondent pas à des qualifications professionnelles reconnues.

La troisième difficulté tient à la volonté d’introduire un principe d’assurance qualité, certes faisant partie intégrante de la gestion interne des systèmes de formation mais exercées par des organismes extérieurs. Dans le contexte de « marché de l’éducation et de la formation » dans lequel s’inscrit pleinement la démarche de construction du CECP, il pourra s’agir majoritairement d’organismes privés lucratifs extérieurs aux systèmes éducatifs nationaux. Le risque est grand dés lors que le nécessaire regard sur la qualité du travail fourni par les enseignants soit réduit à une vision marchande aux antipodes de la défense d’un égal accès pour tous au savoir. Enfin, la FSU ne peut pas croire que ce cadre n’aurait aucune influence sur les systèmes nationaux de formation. Il semble évident qu’un des objectifs essentiel est de provoquer des réformes des systèmes nationaux de formation, d’abord en modifiant les systèmes de certification puis à terme en modifiant les programmes et les contenus des formations professionnelles. Dans l’état actuel et compte tenu de l’ensemble de ces critiques, la FSU exige que le gouvernement n’engage pas la France dans ce dispositif. Elle demande qu’une consultation réellement démocratique au niveau de toutes les instances représentatives soit enfin organisée.

Soucieuse de permettre une véritable mobilité des salarié(e)s qui le souhaiteraient, le FSU exige la construction d’ un cadre européen des qualifications professionnelles, sanctionnées par des diplômes et des titres reconnus dans les conventions collectives par l’ensemble des partenaires sociaux.


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