Pour Info - FSU - En ligne


Le rapport Attali

mercredi 30 janvier 2008  Enregistrer au format PDF


Le rapport ATTALI, qui prétend « libérer la croissance », est rendu public à un moment où l’actualité est marquée par la crise financière liée à la crise des « subprimes » aux Etats-Unis.
La coïncidence ne manque pas de sel.
Alors que cette crise qui menace la croissance mondiale est due d’abord aux excès d’un libéralisme financier déchaîné, la commission propose un ensemble de mesures hétéroclites dont le point commun est de relever de l’idéologie du tout libéral sans jamais en interroger les dogmes.

Se gardant d’esquisser une politique dynamique d’ emploi et des salaires, la commission ATTALI fait flèche de tout bois pour réduire la dépense publique, réduire le coût du travail en fiscalisant une partie du financement de la protection sociale (relance de la TVA sociale), mettre les allocations familiales sous conditions de ressources…
Il propose (rejoignant les mesures envisagées dans la RGPP) d’affaiblir le rôle des administrations centrales et de généraliser les « agences de délégation de services publics », considérées a priori comme moins coûteuses et plus efficaces.

Estimant (à juste titre) que la jeunesse doit être mieux préparée à la société de la connaissance, il ne propose dans ce cadre que d’ouvrir 10 pôles d’enseignement supérieur, avec un financement privé pouvant aller jusqu’à 80% ! Il vise non seulement le démantèlement de l’enseignement supérieur public, mais aussi l’hyperconcentration géographique, structurelle et thématique de la recherche sur quelques créneaux ; quant aux personnels, ils verraient ainsi leurs statuts désintégrés et leurs carrières totalement individualisées.

Dans la même logique de concurrence et d’ignorance de la question des inégalités, il propose par exemple la liberté totale pour les parents de choisir le lieu de scolarisation de leurs enfants ou l’évaluation des agents publics par les usagers, sans mettre en cause les suppressions d’emplois qui affaiblissent les services publics et la disparition, en milieu rural notamment, de services publics de proximité.

Pour l’entreprise il préconise le contrat plutôt que la loi, et la possibilité de déroger aux 35 heures. De plus, il suggère de redéfinir le licenciement qui pourrait prendre en compte de nouveaux motifs comme la réorganisation de l’entreprise ou l’amélioration de la compétitivité.
Le rapport va jusqu’à remettre en cause le principe de « précaution » et une partie des avancées du tout récent Grenelle de l’environnement.

Au delà des quelques mesures présentées comme iconoclastes et qui ont peu de chance d’être appliquées (comme la relance de l’immigration de travail ou la suppression des départements au profit des régions et de l’intercommunalité), le rapport fait preuve d’un grand dogmatisme qui ignore les questions du développement durable, le rôle et l’importance des solidarités, des collaborations, des droits et des services publics dans la société.

Communiqué FSU du 23 janvier 2008


RSS 2.0 | Plan du site | Réalisé avec SPIP | Site national de la FSU