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Les retraités, enjeu social, enjeu du syndicalisme

mardi 12 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Les retraités représenteront 30% de la population en 2035 (près d’1 français sur 3), ils étaient 5% en 1950, 20% aujourd’hui. Le nombre de personnes âgées de plus de 74 ans sera multiplié par 2,5 d’ici 2040. En 1950, on était un vieillard dès 65 ans, de nos jours l’espérance de vie à la « retraite » est de l’ordre de 25 à 30 ans.

Cette mutation anthropologique a pour corollaire le développement des retraités comme catégorie sociale. Cette mutation interroge notamment les tenants du libéralisme qui veulent en rester à une vision d’autrefois de personnes âgées, sans droits, considérées comme une charge.

Cette catégorie sociale en développement exprime des attentes nouvelles :
- Besoins spécifiques liés à un bien être de cette troisième vie (transports, logement, culture, formation, lieux de vie, de rencontres …)
- Besoins liés à une politique de prévention des affections du vieillissement (développement de la vie sociale, prévention médicale spécifique...)
- Besoins liés au grand âge et à l’éventuelle perte d’autonomie.

Des sociétés marchandes de service sont en train d’investir ce terrain, le considérant comme un « nouveau marché » et creusent de fait es inégalités fortes (territoriales, salariales, culturelles…) qui existent.. Nous avons fait à Marseille le choix d’affirmer le syndicalisme retraité. La FSU ne peut rester indifférente à cette évolution car les besoins nouveaux ont pour « objet la personne elle-même, en particulier l’exercice singulier de ses droits sociaux qui ne sauraient être soumis à une quelconque notion de mise en concurrence, de rentabilité financière ou de recherche de profit »(1).

Pour illustrer prenons le secteur de l’aide à la personne en pleine extension. Il draine des sommes considérables dont une part non négligeable est issue des deniers publics (APA, PCH, dégrèvement d’impôt….). Ce secteur est de plus en plus sous la coupe du secteur marchand, il est générateur d’emplois précaires, mal payés, peu formés. Les associations qui avaient tenté de répondre aux besoins sont massivement en difficulté avec la diminution voire la suppression des aides financières des CNAV départementales, des collectivités territoriales frappées par la non compensation financière du transfert des compétences issues des lois de décentralisation. La disparition de la taxe professionnelle risque d’aggraver la situation. Les conséquences en sont dramatiques pour des milliers de retraités et personnes âgées (disparition de prestations, restes à charges plus élevés conduisant à des reculs d’aides). Des milliers de salariés se retrouvent au chômage.
Nous pourrions prendre d’autres exemples dans des secteurs prenant en charge des problématiques relatives aux retraités et personnes âgées : CLIC, PACT… du fait de leurs structures associatives qui sont en situation de précarité aussi bien pour leurs missions, que pour les personnels employés.

Au congrès de Marseille, la FSU s’est prononcée pour un service public des retraités et personnes âgées. Toute l’évolution depuis 3 ans confirme que notre choix était le bon. « Quel que soit le niveau territorial dont ils relèvent, les Services Publics doivent permettre à tous, quelque soit l’âge, le sexe, l’origine sociale, un égal accès aux services rendus, dans le respect des principes qui sont les leurs : égalité, continuité territoriale, capacité d’évolution dans la qualité du service rendu, solidarité »( Extraits du texte FSU sur les services publics).

Le congrès de Lille doit nous permettre de préciser nos ambitions, non seulement dans la mise en place de services répondant aux nouveaux besoins qui émergent aujourd’hui mais aussi être exigeants dans la qualification et le statut des personnels nécessaires à ces constructions nouvelles.

« De par sa spécificité la FSU peut, et doit, jouer un rôle moteur dans la promotion, la construction et le développement de services publics rénovés et démocratisés »( Extraits du texte FSU sur les services publics).

En travaillant avec toutes les forces à la construction de ce service public offrant un cadre national pour répondre aux besoins sur l’ensemble du territoire, aux mêmes tarifs avec du personnel qualifié, la FSU fera vivre son mandat de transformation sociale.

Michel SALINGUE. Bernard LIOURE. Joël CHENET SNUIPP Unité et ACTION


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