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Lutter contre les LGBTphobies à la FSU

jeudi 29 mars 2012  Enregistrer au format PDF


Une double dimension d’action :

Le groupe de lutte contre les LGBTphobies s’est mis en place en 2002 au sein de la FSU pour répondre à une double nécessité. Il s’agit d’une part de prendre en compte les difficultés rencontrées par les personnels LGBT dans le milieu professionnel, de porter leur combat pour la reconnaissance et le respect. La FSU avait notamment été interpelée par des couples vivant en logement de fonction et dont la visibilité était donc plus ou moins contrainte. Le groupe de lutte contre les LGBTphobies fut donc créé, avec le souhait que ce soit porté par toutes et tous dans nos syndicats.

D’autre part, en tant que professionnel-les de l’éducation, nous nous devons aussi de réagir face au mal-être de certains jeunes LGBT, mal-être pouvant aller jusqu’au suicide. A cela s’ajoute la nécessité d’accueillir tou-tes nos élèves et leurs familles dans leur diversité, en particulier d’éviter la stigmatisation des enfants et des jeunes vivant dans des familles homoparentales. Le secteur LGBT s’est donc également fixé pour tâche d’œuvrer à faire changer le climat des établissements scolaires, et plus largement de faire évoluer les mentalités.

Accompagner les personnels :

Il y a des droits à faire valoir, et d’autres qui sont encore à gagner. C’est le cas des congés de parentalité revendiqués par des enseignantes dont la compagne a accouché. Malgré l’arrêté du Conseil d’état du 11 mars 2010 qui réserve le congé et les indemnités de paternité au seul père, on arrive à négocier avec l’administration pour obtenir tantôt un « vrai » congé, tantôt un congé sans solde, tantôt encore des jours pris sur les gardes d’enfant malade... Dans le privé, des accords d’entreprise vont dans le même sens. En général, les collègues s’en satisfont et ne souhaitent pas que ce soit médiatisé. Il faut parfois intervenir au sujet de mutations, par exemple pour faire prendre en compte un mariage ayant eu lieu en Espagne.

Certains personnels vivent des situations douloureuses, victimes de diffamation ou de harcèlement en raison de leur orientation sexuelle. Parfois la seule issue pour échapper à une ambiance de travail délétère est la mutation, voulue par le ou la collègue. Là aussi les syndicats agissent, accompagnent et interviennent.

En ce qui concerne les enseignant-es LGBT, ils et elles souhaitent souvent être le plus discret-es possible (à moins d’être foncièrement militant-e), du fait même de la spécificité de ces métiers et du contact avec les jeunes. En effet, ils et elles peuvent être suspecté-es de prosélytisme, voire, pour les hommes surtout, de pédophilie. Cela soulève de nombreuses interrogations : doit-on, peut-on afficher son orientation sexuelle dans les établissements scolaires ? Est-il souhaitable de rester muet-te sur sa vie privée, alors qu’une enseignante hétérosexuelle évoquera ouvertement son mari en salle des profs ou même devant ses élèves sans aucun problème ? Quelle visibilité pour les enseignant-es LGBT ? Cette visibilité aiderait pourtant les jeunes en souffrance ou en questionnement...

Éduquer contre les LGBTphobies :

En tant que syndicats de l’éducation, nous nous préoccupons du bien-être de nos élèves ou de nos étudiant-es. Or, les LGBTphobies ont sur les jeunes des conséquences souvent dramatiques : sursuicidalité, déscolarisation, dépression, addictions, … Nous réaffirmons la nécessité d’une éducation pour une école ouverte à la diversité, et ce en agissant dès l’école primaire.

Nous revendiquons en particulier :
-  Une formation solide, initiale et continue, des collègues à la lutte contre les discriminations, et une sensibilisation de tous les personnels aux théories du genre et aux LGBTphobies ;
-  La promotion d’une éducation antisexiste et antihomophobe, qui doit être inscrite dans les contenus et programmes d’enseignement à tous les niveaux, et faire l’objet d’une réelle volonté d’impulser des actions pédagogiques ;
- La mise en œuvre générale et effective dans tous les établissements des campagnes d’information sur la ligne azur (Sida Info Service). Il est d’ailleurs important de noter que les appels proviennent de plus en plus de collégien-nes, et de jeunes filles.

Nous travaillons à l’intérieur de la FSU, et également au sein du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire (dont la plateforme actualisée est actuellement en cours de finalisation), et avec différents partenaires : Inter-LGBT, associations, HALDE (Défenseur des Droits), comité IDAHO...

Nous portons nos revendications au niveau ministériel, mais travaillons aussi en parallèle dans les établissements afin que la lutte contre les LGBTphobies soit présente dans les règlements intérieurs, dans l’activité des Conseils de Vie Lycéenne et des Comités d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté, dans les projets d’établissements pluridisciplinaires (grâce aussi aux Interventions en Milieu Scolaire des associations).

Nous organisons des formations syndicales, des projets pédagogiques, des mutualisations d’expériences, concernant la lutte contre les discriminations, l’éducation affective et sexuelle, l’éducation contre le sexisme et les LGBTphobies. Reste maintenant à faire connaître largement les outils existants et conçus, et à convaincre nos collègues de l’intérêt de telles actions pédagogiques tout au long de la scolarité.
Cécile Ropiteaux


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