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Marcel Brissaud (SNESup)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


La place des retraité(e)s dans le mouvement syndical

Les retraité(e)s représentent un peu plus de 10% du nombre de syndiqués dans la FSU (sensiblement comme au SNESUP). Il n’est pas toujours facile de les situer exactement dans le mouvement syndical. Voici quelques remarques personnelles sur ce point.
Devenu retraité(e), chacun, chacune, réorganise ses activités. Pour certains les liens très forts avec le travail antérieur se poursuivent, recherche, échanges, participations scientifiques, publications, articles dans des bulletins, réunions, etc,.. Pour d’autres c’est une nouvelle orientation qui est choisie, avec des contributions au plan social, culturel, sportif, etc. Pour d’autres enfin c’est plus de disponibilités pour les relations familiales ou sociales, avec plus de liberté quant aux engagements éventuels et ponctuels dans telle ou telle intervention ou action. Avec les années tout cela évolue et c’est normal.
Il arrive que certains cherchent à rompre totalement avec leur période d’activité, et pour quelques responsables syndicaux le désir - ou le besoin - de rompre aussi complètement et immédiatement.
Je pense que l’on ne place pas correctement cette nouvelle étape. La pension est-elle seulement un subside pour survivre ? Ou bien, comme l’exprime la FSU, n’est-elle pas surtout une rémunération continuée des services rendus pendant plusieurs dizaines d’années de formation et de pleine activité dans un emploi essentiel dans le monde économique, social ou culturel ?
C’est pourquoi je ne comprends pas pourquoi « retraite et retraité(e)s » sont souvent placés dans les chapitres de la « Protection Sociale » ce qui les place en situation de dépendance, et qui involontairement les désigne comme « responsables » de dépenses lourdes à la charge de ceux qui travaillent encore, alors qu’en leur temps ils ont rempli leur contrat vis à vis de la société et que maintenant encore ils font beaucoup de choses et remplissent beaucoup de responsabilités. La Protection Sociale les concerne sans qu’ils soient noyés dans cette rubrique.
Dans la Fonction Publique, la rupture / en 1993 dans le secteur privé et en 2003 pour les fonctionnaires / entre la revalorisation des pensions et les évolutions des traitements des actifs (ce qui s’appelait la péréquation acquise en 1948 par l’action syndicale de plusieurs décennies - création de la FGR sur ce thème en 1936) est évidemment néfaste et tend à couper les liens entre actifs et retraités et à accélérer leur isolement syndical. Cela justifie l’effort commun actifs et retraités sur la défense du pouvoir d’achat, sur des évolutions tenant compte de la croissance.
Sans oublier d’autres revendications que le syndicat peut formuler :
* en matière de fiscalité par exemple en ce qui concerne des activités sociales et culturelles (couverture des frais, assurances, garanties) ;
* en matière de statut de l’élu (politique ou social) puisque c’est le cas de beaucoup de retraité(e)s, et de statut du bénévolat social ou culturel ;
* en matière de développement des services publics de proximité, etc...
Enfin, il est nécessaire aussi d’être vigilants face à certaines dérives qui pourraient être graves. Dans un monde actuel - qu’il faut changer - avec l’impérialisme des profits financiers critères de tout, on ne peut pas suivre des appréciations sur des investissements de santé fondées sur la rentabilité économique et productive des intéressés, prévisible dans le futur. Ce serait admettre que les personnes âgées sont un déchet dont il faut se débarrasser.
Ainsi, le syndicat et la fédération qui ont joué leur rôle durant toute la période d’activité continuent dans cette nouvelle étape et ils ont beaucoup d’interventions et de propositions à formuler.


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