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Marie Caroline Guérin (SNUEP)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Violences, dégradation des conditions de travail en LP

Nous sommes de plus en plus confronté dans les LP à une dégradation des conditions de travail, à des hiérarchies déficientes, à de la violence verbale et physique, qui fragilisent les personnels, enseignants et CPE. Nous pouvons y mesurer tous les jours ce que veut dire une politique d’individualisation dans la gestion des ressources humaines, une politique de restriction budgétaire et l’abandon du rapport collectif. Le résultat est catastrophique et il serait plus judicieux d’abandonner de telles politiques.
Les personnels ne sont pas soutenus, pas formés pour résister à la violence quotidienne. Ils sont empêchés de faire leur travail pédagogique, isolés dans la gestion de la classe et bien souvent trop culpabilisés pour pouvoir en parler autour d’eux.
Comment prévenir et gérer cette violence ?
Se rabattre sur le champ disciplinaire n’est pas suffisant. Nous devons donner toute sa place au champ relationnel entre adultes et adolescents et nous n’y sommes pas préparés. L’EN n’a rien anticipé, n’a pas formé ses personnels. Nous devons exiger des temps de formation, sur le temps de travail : pour analyser la psychologie des adolescent-es (ados qui se construit en s’opposant) et dédramatiser les conflits, pour réfléchir au fonctionnement de l’équipe (soutien indéfectible des collègues en difficulté, actions communes posées dès la rentrée ...). Nous devons demander plus de professionnalisme de la part de nos instances rectorales, départementales, qui devraient être en mesure de proposer des médiateurs, de faire des audits pour dynamiser (non pour sanctionner) les équipes, de proposer des formations d’établissement....
Nous ne voulons pas être fragilisés, nous voulons faire diminuer l’effet de la violence et ne plus laisser apparaître l’école comme un lieu d’échec, de violence et d’incapacité à travailler, justifiant alors le renvoi vers l’apprentissage, qui accentue encore l’individualisation des rapports humains (maître de stage et apprenti). Le « vivre ensemble » ne se pose pas en terme global de société inégalitaire, il se pose localement, à petite échelle, au niveau de l’établissement. Réduire les inégalités sociales contribue à apaiser de nombreuses situations de conflit. Pour autant, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une approche éducative pluri-professionnelle de la philosophie adolescente.


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