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Michelle Frémont et Emmanuel Guichardaz (SN du SNUipp)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Prendre en compte la question du handicap, un enjeu syndical

Voici quelques années seulement que la question du handicap est apparue sur la scène sociale et syndicale française. Nous ne détaillerons pas ici les raisons de ce retard, notamment par rapport à d’autres pays européens mais rappelons que le handicap, relevant à l’origine du registre caritatif, n’a que lentement pénétré le champ de la solidarité nationale.
Longtemps portés par les seules personnes concernées ou leurs ayant droit et de manière peu visible, les problèmes liés au handicap ont été traités à part dans un système semi-public (associatif financé par la Sécurité sociale). En bref, un traitement différent pour des personnes différentes : ateliers protégés pour les adultes, établissements et classes spécialisées pour les enfants.
Pour une organisation syndicale, l’idée de l’entrée des personnes handicapées dans le droit commun n’est pas allée de soi. Difficile de se défaire de conceptions culturellement installées depuis longtemps, mais au delà de l’affirmation de la lutte contre les discriminations, les conséquences de l’application non assumée par nos gouvernants de ce principe pèsent aujourd’hui sur les personnels et influent sur les conditions de travail.
Comment alors parler de progrès social ?
Tout simplement parce que le fonctionnement de nos institutions, organisé essentiellement sur la ségrégation/relégation des plus fragiles, se trouve interrogé par l’obligation de prendre en compte les situations de handicap. Celle-ci contrarie la recherche systématique de rentabilité dans le milieu du travail. Et imposer une obligation d’emploi, est une gageure à l’heure où le chômage sévit... Droit à l’emploi et, quand on ne peut pas travailler, droit à un revenu décent - pas au minimum social, tout juste vital ! Ce ne sont pas dans nos sociétés, que l’on qualifie volontiers d’ultra-libérales, de petites revendications.
Parallèlement la scolarisation des jeunes handicapés questionne notre système scolaire, bâti sur la séparation : école communale et petit lycée, lot populaire et voies d’excellence. Pas étonnant que les « classes spéciales » soient apparues de manière concomitante à l’école laïque ! Reconnaître le droit à l’école pour un élève en situation de handicap - même atteint de déficience mentale - implique un autre fonctionnement contre les logiques de tri de l’élite, de performance et de compétition... C’est s’inscrire dans le long combat pour l’école de la réussite pour tous ensemble et aussi réaffirmer le pari du « tous capables ! ».
La nouvelle loi répond sur les principes mais pas sur les moyens, ni sur les enjeux de transformation sociale qu’elle implique. A nous de construire nos revendications.


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