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Mort annoncée de la mixité à la PJJ...

vendredi 6 mars 2009  Enregistrer au format PDF


Un courant de pensée venue des Etats-Unis dénonce la mixité lui reprochant de mettre en danger les filles et prône, en conséquence, le retour à la séparation des garçons et des filles en milieu scolaire. En France aussi, un projet de loi, dit « de lutte contre les discriminations », adopté la 15 Mai 2008, prévoit une dérogation à la mixité inscrite dans la loi HABY.
A la Protection Judiciaire de la Jeunesse, également, la prise en charge des adolescentes est réduite à la marge. Depuis quelques années, les mesures éducatives les concernant se font de plus en plus rares, pour deux raisons :

- Les filles expriment leur mal-être différemment des garçons, leur délinquance est marginale et leurs passages à l’acte sont le plus souvent des violences qu’elles s’infligent (scarifications, tentatives de suicide...). Elles posent moins de problèmes en milieu scolaire et dans la rue. L’éducation et la séparation des rôles sexués de notre société font que leur absentéisme et/ou leur échec scolaire ne sont pas perçus de la même manière. Elles regagnent donc le domicile familial, s’occupent des plus petits et se résignent à devenir épouses et mères à leur tour. Ces attitudes ne remettent pas en cause l’ordre social (au contraire...!) et ne font pas les enjeux des campagnes électorales et débats sur la sécurité publique.

- Les lois de Prévention de la Délinquance puis la loi sur la Protection de l’Enfance votée en Mars 2007, prévoie la partition des prises en charge entre civil et pénal : les mesures civiles pour les Conseils Généraux, la PJJ étant reléguée aux mesures pénales. C’est la fin d’une articulation, d’une prise en compte globale de l’histoire et de la personnalité d’un(e) adolescent(e) entre protection et sanction.

C’est un choix politique qui affiche la volonté de renforcer la sanction pénale, qui détourne l’esprit de l’ordonnance du 2 février 1945 et qui heurte les convictions des équipes éducatives de la PJJ. C’est également une orientation qui condamne la mixité de cette l’institution, les filles faisant le plus souvent l’objet de mesures au civil.

En Milieu Ouvert comme en hébergement les jeunes pris en charge sont de plus en plus massivement des garçons. Face aux problématiques des jeunes, à la violence exprimée dans les foyers, la Direction de la PJJ répond à la manière forte, sans poser les vraies questions, par le recrutement d’éducateurs contractuels « sportifs et musclés ».
Elle attribue ainsi, explicitement et implicitement, la cause des problèmes institutionnels à la féminisation des personnels !

Du côté des jeunes comme du côté des adultes, la mixité est peu à peu abandonnée dans les hébergements de la PJJ.

Il faut dénoncer également le sort réservé aux mineures incarcérées. Contrairement aux garçons, il n’existe pas, dans les maisons d’arrêt, de quartiers réservés aux jeunes filles. Elles sont, contrairement à ce que prévoit la loi, soit isolées et sans activités soit aux contacts des majeures.

L’administration pénitentiaire ne juge pas utile de créer « des quartiers mineures » au regard du petit nombre de ces détenues. Lors de leurs créations, les EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) avaient prévus leurs prises en charge. Même si nous sommes opposés à ces structures qui banalisent l’incarcération des mineurs, ils auraient pu remédier à cette inégalité. Ce n’est pas le choix qui a été fait à Marseille par la PJJ et l’Administration pénitentiaire. La Maison d’Arrêt des Femmes des Baumettes continue à recevoir les mineures afin de réserver l’EPM aux mineurs. Là aussi, la mixité n’est pas de mise... !

Josette Cedrone


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