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Nina Charlier (SNEP UA)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


La place des femmes à la FSU

En soi, la question de la représentation des femmes dans les instances publique, politique, professionnelles ou syndicales est une bonne (vraie) question ! La parité suppose de reconnaître et d’admettre que les femmes sont à même de représenter, comme les hommes, l’ensemble des milieux sociaux et pas seulement leur groupe d’appartenance. Elle permet d’échapper aux limitations d’une reconnaissance catégorielle. Rien à voir de ce point de vue avec la politique des quotas qui admet que certains groupes minoritaires ou discriminés doivent pouvoir se faire entendre. (politique identitaire) Ils accèdent ainsi à une représentativité au nom de cette reconnaissance et s’expriment également au nom de cette communauté.
La parité, au contraire, est une marque d’universalité et témoigne que les femmes accèdent pleinement au statut de citoyenne.
La FSU doit assumer entièrement cette orientation.
Mais par quelles mesures et quelles solutions peut-on faire advenir ces nouvelles représentations ?
La composition sociosexuée des organisations syndicales, piliers majeurs de la fédération, est extrêmement variée. Imposer la parité au SNICS (90% de femmes), à l’UNATOSS ou au SNEP (46% de femmes) ne contraint pas les syndicats de manière identique. Chaque organisation doit pouvoir étudier finement la composition du milieu qu’elle syndique afin de prendre les décisions les plus adaptées. Comment imposer par le sommet (les statuts de la fédération) à un syndicat, une représentativité qu’il ne peut assurer à ce moment ? Le syndicat national est ainsi un niveau incontournable de mise en oeuvre du principe de parité. D’autre part, les statistiques sexuées des secrétaires départementaux FSU indiquent des faibles participations des femmes. Comment interpréter ce fait alors que c’est l’échelon le plus proximal et celui où les motifs d’engagements et les tâches à assumer sont les plus divers ? N’est-ce pas le niveau où la co-responsabilité pourrait être la mieux mise en oeuvre ?
On ne peut accuser personne de refuser d’avancer sur cette question, Chacun-e sait bien que c’est un enjeu d’avenir et que nous devons la rendre plus audible. Mais la volonté de s’engager dans un processus d’évolution et de transformation des représentations qui permettent des avancées effectives et le rassemblement le plus large possible ne peut guère aboutir par la prescription (par exemple la seule modification des statuts)
Il ne s’agit pas de retarder l’avènement de la parité mais de trouver les meilleures formes pour qu’elle s’inscrive pleinement dans des acquis durables et qu’à force de pratique, un anachronisme persistant de la vie politique tombe.


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