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Note précisant les positions de la FSU sur la formation des enseignants

mardi 16 juin 2009  Enregistrer au format PDF


Madame la Ministre,

La FSU, première fédération syndicale de l’éducation, a toujours considéré que la qualité de la formation et l’élévation du niveau de recrutement des enseignants sont des leviers essentiels pour transformer l’école en profondeur. Aussi tient-elle à vous rappeler à travers ce courrier ses principales exigences en ce domaine. La FSU considère que la formation des enseignants doit être améliorée :
- Il faut en effet mieux répondre à l’objectif d’une vraie démocratisation de l’éducation. La priorité doit être donnée aux jeunes qui ont des difficultés à entrer dans les apprentissages, tout en élevant le niveau de formation de tous. C’est là la vraie difficulté et un pari politique à relever.
- Cela passe par une élévation du niveau de qualification des enseignants qui doit leur fournir les outils nécessaires pour faire réussir tous les élèves.
- C’est un dossier complexe qui doit être pensé tout au long du cursus universitaire, disciplinaire et professionnel, tout en prenant en compte les particularités propres à chaque degré d’enseignement et aux différents métiers.
- Cela doit déboucher sur une revalorisation et une amélioration des conditions de travail de l’ensemble des membres de l’équipe éducative.
La FSU dénonce la logique du gouvernement, de réduction des coûts et de dévalorisation dans tous les sens du terme de nos métiers. Votre objectif premier, à travers cette réforme était et reste la suppression de postes de stagiaires, sinon pourquoi par exemple refuser le maintien des conditions actuelles de stage pour les reçus 2010 ? En cherchant à ramener la formation des enseignants à un simple compagnonnage vous avez fait le choix de faire disparaître les IUFM aux compétences avérées, lieu de la formation professionnelle de tous les enseignants. Si sous la pression de la mobilisation dans les universités vous avez dû prendre en compte un certain nombre d’exigences portées par les organisations syndicales et notamment la FSU, appuyées sur les personnels en lutte, nombre des orientations que vous avez prises restent inacceptables et contradictoires avec les objectifs affichés (« des enseignants mieux formés, mieux considérés et revalorisés »).
La FSU tient à vous rappeler les principales propositions qu’elle porte avec ses syndicats nationaux dans les débats actuels :
- L’élévation du niveau de qualification reconnu par l’obtention d’un master.
- Un recrutement au même niveau pour tous, pour éviter le décrochage 1er degré/2nd degré/ PLP.
- L’intégration d’éléments pré-professionnalisants dans le cursus universitaire dès la licence comportant des stages (observations, pratiques accompagnées, mises en responsabilité progressive, selon les cas).
- La mise en place, en plus des aides sociales prévues, de pré-recrutements pour rendre attractives les voies qui mènent aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, et pour assurer la diversité sociale dans nos professions. Pour autant, les concours doivent rester ouverts à tous, et permettre les choix tardifs et les reconversions.
- Le développement de la recherche en éducation.
- L’amélioration de la formation de formateurs.
- Un cadrage national des masters et de la formation, les nouveaux masters devant permettre la poursuite d’études ou une ré-orientation universitaire ou professionnelle.
- Le maintien et la rénovation des IUFM qui doivent piloter et coordonner la formation des enseignants au niveau d’une académie, ce qui suppose des partenariats et des coopérations entre universités et des moyens permettant aux IUFM de jouer tout leur rôle.
- Le maintien du potentiel de formation et en particulier des équipes pluri-catégorielles de formateurs, le maintien des antennes locales.
- Une année de stage post-concours pleine et entière de formation en alternance, ce qui suppose un service d’enseignement réduit de 2/3.
- Des décharges pour les « tuteurs » dans les établissements et les maîtres-formateurs du premier degré.
- Une poursuite de la formation en première et deuxième année de titulaires et le développement de la formation continue.
La FSU rappelle qu’elle demande avec les autres organisations, le maintien pour les reçus au concours 2010, et au-delà des mesures transitoires, des mêmes conditions de stage qu’actuellement.
La FSU constate, qu’alors que de nombreux groupes de travail se sont tenus ces dernières semaines et continuent à se tenir, aucun compte rendu, aucune indication sur les hypothèses retenues n’ont été communiqués par le gouvernement. Au-delà de certaines déclarations orales qui se veulent rassurantes sur l’attachement ministériel aux IUFM, sur la revalorisation de l’ensemble des enseignants, sur l’articulation nécessaire entre disciplinaire et professionnel, sur la progressivité de la formation, sur le non décrochage professeurs de lycées et collèges - professeurs d’écoles - professeurs de LP - CPE, etc. Les réponses concrètes apportées à ce jour et mises par écrit sont souvent contradictoires avec certaines déclarations ministérielles. L’épisode du CTPM où vous avez maintenu, contre la demande de report formulée par les organisations syndicales, malgré la protestation de la communauté universitaire et de ses représentants institutionnels, l’examen des décrets sur les statuts particuliers des enseignants, supprimant par exemple toute référence aux IUFM, met en évidence votre choix d’accélérer la mise en place d’une réforme sans aller au bout des indispensables débats, y compris ceux que vous avez déclaré vouloir avec la mise en place de la commission Marois-Filâtre. Ce n’est pas acceptable. L’accélération du processus se traduit encore par l’envoi de la circulaire Hetzel concernant les « mesures transitoires » - allant plus loin que les annonces de validation du M1 pour les admis et proposant l’attribution d’ECTS en M2 - alors que les projets de décrets ne sont pas encore passés au CSFPE. La FSU renouvelle son exigence que soient retirés ces textes de l’ordre du jour du prochain CSFPE. Elle rappelle son exigence d’un abandon du dispositif actuel et d’une négociation pour une autre réforme.
La FSU vous demande, Madame la Ministre, de prendre des engagements fermes et de faire des propositions écrites claires tenant compte des propositions de la FSU et de ses syndicats faites ci-dessus. Notamment doivent être clairement pris des engagements concernant :
- le maintien d’une véritable année de formation post concours dans des conditions proches de celles de l’actuelle stagiairisation
- le maintien et la rénovation des IUFM comme composante universitaire chargée de la formation des maîtres, en lien avec les autres composantes
- des formes de pré-recrutements
- un plan pluriannuel de recrutements d’enseignants par concours
Cela passe par l’écoute et la prise en compte des exigences syndicales et par une toute autre conception du dialogue social.
C’est au regard des choix faits et des propositions ministérielles avancées que la FSU et ses syndicats décideront de leur participation aux débats à venir.
La FSU continuera avec ses syndicats à porter ses propositions et exigences avec les personnels dans l’action revendicative et notamment lors de l’action interprofessionnelle du samedi 13 juin.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Gérard Aschieri


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