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Patrick Montfort et Jean Marc Douillard (BN du SNCS)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Recherche publique et débat social : OGM, Nucléaire, Nanotechnologie, ... : questions de science et/ou questions de société ?

Le chapitre 3 des textes préparatoires au 5ème congrès de la FSU intitulé « Pour une mondialisation fondée sur les droits. Pour un développement durable et solidaire » nous interroge comme chercheurs quant aux conclusions auquel il pourrait conduire, concernant les sujets sensibles dans la société que sont les OGM et le nucléaire (on pourrait d’ailleurs rajouter les nanotechnologies). Il est nécessaire, tout d’abord, que la FSU rappelle que les questions et les objets de recherche ne doivent pas être censurés. D’ailleurs, penser que l’on puisse empêcher le développement d’une recherche dans un domaine scientifique, quel que soit le motif, est une illusion. En effet, pour des raisons qui seront éventuellement condamnables, il y aura toujours une puissance politique (d’état ou d’entreprise) qui développera une telle recherche quelque part dans le monde.
Ensuite, dire que la question des OGM doit être vue par des chercheurs indépendants est se poser la question : « qu’est-ce qu’un chercheur indépendant ? » Or le seul système qui peut être contrôlé par le citoyen, à travers sa représentation nationale ou ses associations, c’est un système public de recherche, tel qu’en France les organismes de recherche ou les universités. C’est un combat toujours renouvelé, mais la recherche publique doit garantir l’indépendance des chercheurs et la FSU doit rappeler qu’il est du rôle de l’Etat de donner les moyens et de préserver un statut aux personnels de la recherche (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens), seuls garants de cette indépendance.
Allons plus loin. Plus que l’indépendance des chercheurs, c’est une éthique dans la conduite de la recherche qui doit donner le sens des responsabilités aux chercheurs. Les comités d’éthique placés auprès du gouvernement ou des organismes de recherche constituent une des réponses à ces enjeux. La FSU se doit d’y intervenir.
De ce point de vue, le texte actuel et certains raccourcis posent problème. Écrire que la politique du tout nucléaire est un exemple de l’instrumentalisation de scientifiques par les lobbies économiques est un schéma réducteur. C’est confondre le rôle de la recherche et des chercheurs dont l’objectif premier est l’accroissement des connaissances lié aux besoins intellectuels des humains, la dynamique intellectuelle autonome qui en naît et l’utilisation que fait la société de ces connaissances. Nous ne pouvons donc pas adhérer à cette phrase. Cette position ne nous empêche pas d’affirmer que le citoyen a un rôle décisif à jouer dans l’utilisation et l’application de ces connaissances par la société.


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