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Pour la féminisation rapide de tous les textes de la FSU

lundi 8 mars 2010  Enregistrer au format PDF


Parce qu’une femme qui travaille n’est pas un travailleur. Parce qu’une femme qui défend ses droits sait, depuis la décapitation d’Olympe de Gouges, qu’elle ne le fait pas au nom des droits de l’Homme, que la prétendue universalité du terme « homme » dissimule l’exclusion, et que son singulier (l’Homme) exclut l’idée même de différence. Parce que l’emploi systématique du masculin pour certains métiers, comme l’emploi du féminin pour d’autres, clive le monde du travail, organise la ségrégation professionnelle des femmes sur un nombre réduit d’activités et empêche les adolescentes et les adolescents en peine d’identification d’opter pour certaines voies. Parce qu’une fédération qui regroupe autant de syndicats défendant des personnels à large composante féminine doit s’adresser à toute la population qu’elle représente, sans exclusive. Parce que la FSU a une vocation de transformations des rapports sociaux et que le langage conditionne la façon de penser :

Nous soutenons l’amendement de la SD 72 et SD 14 : il faut féminiser rapidement tous les textes de la FSU.

On nous objecte parfois que la féminisation des textes entraîne une lourdeur incompatible avec la brièveté nécessaire des tracts, avec la clarté des messages. C’est pourquoi nous pensons que cette féminisation urgente des textes (urgente, comme on fait des fouilles archéologiques de sauvetage) en particulier des textes du congrès doit s’accompagner d’une réflexion partagée que nous devons mener, avec l’aide de linguistes, pour dégager sur le moyen et sur le long terme, les formes les plus efficaces d’écriture égalitaire des deux sexes.

Car la langue n’est pas figée, et la grammaire n’est pas une structure « naturelle » de la langue, mais une codification qui porte son poids de préjugés et de stéréotypes et qui contribue à les transmettre.
Quelle écolière, quel écolier n’a entendu, dans l’école où doivent se transmettre les valeurs d’égalité énoncer le dogme « au pluriel, le masculin l’emporte sur le féminin » ? Tout ça, parce que le grammairien Vaugelas, en 1647 décréta « la forme masculine a prépondérance sur le féminin parce que plus noble ». Jusque-là, l’usage non figé penchait plutôt vers la féminisation du pluriel.

Nous pouvons réfléchir à cette féminisation des textes selon quatre axes :

- Les formes de féminisation des termes masculins et leur signification

- L’emploi des termes épicènes, c’est-à-dire des termes qui sont aussi bien masculins que féminins : pour notre plus grande chance, c’est le cas par exemple des substantifs : « camarade », « collègue », « fonctionnaire ».

- l’emploi des expressions englobantes : pour surmonter la prétendue universalité du masculin, nous pouvons réfléchir à dire « l’ensemble des personnels », plutôt que « tous les salariés » (au masculin), « les droits des êtres humains » plutôt que « les droits de l’Homme ».

- Mais nous pourrions aussi être créatif-ives et inventer pour les pronoms (ils ou elles), pour les adjectifs, pour les participes passés un « pluriel mixte » qui dirait que le groupe concerné comprend une représentation des deux sexes.

Sylvette Uzan SNU-POLE EMPLOI


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