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Premier contact avec le nouveau gouvernement

vendredi 17 juin 2005  Enregistrer au format PDF


Dans le cadre d’une délégation FSU conduite par Gérard Aschiéri, Jean Fabbri a posé, pour le SNESUP et le SNCS, au nouveau Ministre de l’Education les revendications des enseignants-chercheurs et des chercheurs.

G Aschiéri a indiqué l’inquiétude des personnels et l’attente de signes forts. Le Ministre s’est montré ouvert et disponible pour reprendre des contacts plus suivis avec les organisations syndicales et est désireux d’effacer l’impression laissée par son prédécesseur sur la Loi Scolaire, sur laquelle il temporise quant aux décrets d’application.

Sur les questions d’enseignement supérieur et de recherche :

1. Une loi reste annoncée, pour le second semestre et sous la forme de loi programme, sans plus d’indications : Le Ministre est prêt à reprendre le travail si les partenaires sont disponibles, et avec le Ministre délégué qui a en charge le dossier. Nous lui avons fait part de nos plus grandes inquiétudes sur l’état actuel de la précarité, du manque de recrutements et l’insuffisance de la programmation visible sur les budgets. Il ne nous a pas semblé que le Ministre dispose d’une grande marge de manœuvre, ce qui confirme les propos du Premier Ministre à l’Assemblée Nationale mercredi. Le gouvernement semble en rester à une conception de la recherche fortement articulée sur l’innovation et les entreprises. Les mesures de privatisation -EDF-GDF, ...- (dont on sait quelles menaces elles font peser sur les laboratoires des entreprises) et l’annonce de l’accélération de la mise en œuvre de l’agence pour l’innovation et l’industrie confirment les conceptions très utilitaristes de la recherche. Sur ce point, les confrontations avec le nouveau Ministère s’annoncent serrées. Tant le discours du Premier Ministre que cette audience semblent indiquer un retour à la conception initiale de la LORPI rejetée par la communauté scientifique en janvier 2005.

Nous avons rappelé, en déposant à nouveau le Mémorandum du 6 juin, commun à un grand nombre d’organisations syndicales, notre souhait que s’organisent autour de toutes ces questions des tables rondes avec l’ensemble des partenaires, organisations syndicales, SLR, CPU, etc...

2. Pour les IUFM, le Ministre a indiqué, en réponse à nos demandes, qu’il était envisageable d’éviter les intégrations précipitées et sans cadrage de ces instituts de formation des maîtres. La mise à l’étude et la définition du cahier des charges pour ces instituts pour mars 2006 apparaît comme un objectif raisonnable qui s’impose avant toute décision de transfert.

3. Sur les formations et leurs contenus, le SNESUP a demandé un état des lieux approfondi et une réorientation du dispositif LMD, avec un cadrage national assurant cohérence et lisibilité, et les moyens nécessaires pour répondre sans malthusianisme aux besoins de formation -initiale et continue-. La mise en concurrence des formations introduite par le LMD, celle des établissements, le risque de coupure entre les niveaux L, M et D, les contraintes énormes exercées sur les services statutaires des personnels, là aussi invitent à une remise à plat négociée avec les organisations syndicales. Les difficultés que rencontrent les étudiants : insuffisance des moyens pour une démocratisation.de l’accès et de la réussite dans l’enseignement supérieur, très nette insuffisance des possibilités d’échanges internationaux, en particulier en Europe, appellent des mesures d’une très grande ampleur

4. Concernant les mesures budgétaires, collectif budgétaire pour 2005 : le ministre ne nous a rien dit, malgré nos demandes et rien malheureusement sur la programmation des recrutements et des budgets pour une loi pluriannuelle d’orientation et de programmation pour la recherche. Ce ne sont pas les répétitions incantatoires sur les 3 % de l’objectif de Lisbonne qui font une réelle programmation.
Par ailleurs, le Ministre nous a semblé plus préoccupé des questions du premier et du second degrés pour lesquelles il voudrait annoncer des dispositions « à caractère social » que des questions recherche et enseignement supérieur.pour lesquelles il reste néanmoins ouvert à de futures discussions.

Enfin, la délégation a dénoncé la répression des lycéens et demandé que des mesures d’apaisement soient prises dans les meilleurs délais, de même qu’un retour sur la loi de décentralisation des TOS.


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