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Raphaël Granvaud (SNES, Ecole Emancipée)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Comment sécuriser les parcours professionnels ? Non à la Flexsécurité !

Le patronat et les (socio-)libéraux font référence de concert au modèle Danois pour proposer un système alliant à la fois plus de flexibilité pour les entreprises et plus de sécurités pour les salariés : la fameuse "flexsécurité". Une arnaque ! Le niveau de protection des salariés danois (en partie exagéré) préexistait à l’introduction de la flexibilité et celle-ci vient progressivement la remettre en cause, et non la consolider.
En France, la remise en cause du droit du travail demeure un objectif de court terme du patronat et des classes dirigeantes. Il passe par un dynamitage du droit de licenciement afin d’instaurer une totale liberté de gestion de la main d’oeuvre sur le modèle anglo-saxon. Ce projet a subi un coup d’arrêt avec le retrait du CPE. Avec des variantes, libéraux et socio-libéraux prétendent troquer ce droit contre de prétendues avancées pour les salariés : formation professionnelle et reclassement amélioré (dans le cadre d’un service public unifié de l’emploi s’appuyant sur des prestataires privés), baisse du chômage et retour plus rapide à l’emploi, niveau d’indemnisation plus élevé. Pourquoi accepter un échange contre ce qui devrait déjà être la norme ? De plus il est faut de prétendre que la flexibilité, qui est déjà extrêmement développée (70% des embauches en intérim, 1,2 millions de salariés dont 80% de femmes à temps partiel, heures supplémentaires, annualisation et variabilité des horaires, licenciements pour motif personnel, etc.) crée de l’emploi. Troisièmement l’ouverture d’un marché privé du reclassement conduirait inéluctablement à de nouvelles pressions sur les salariés pour accepter des emplois sans rapport avec leurs qualifications, moins rémunérés ou plus éloignés. Enfin comment croire qu’avec un tel rapport de force dégradé l’exigence d’une indemnisation continue de haut niveau pourrait être maintenue ?
Le deal que le Medef et le gouvernement voudraient conclure avec les organisations syndicales, d’un droit absolu de licenciement en échange d’une sécurité de revenu plus grande est un leurre et une arme de guerre contre le CDI. Ce n’est pas de plus, mais de moins de flexibilité dont le marché du travail a besoin : c’est une nécessité démocratique, sociale et sanitaire (en témoigne l’explosion du nombre de salariés atteints de troubles musculo-squelettiques, devenue première cause de maladie professionnelle).


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