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Réaction aux annonces de Nicolas Sarkozy

jeudi 8 décembre 2005  Enregistrer au format PDF


Le 24 novembre 2005, devant l’Association des Maires de France, Nicolas Sarkozy appelait à une nouvelle réforme de l’ordonnance de 45 relative aux mineurs délinquants. Il estimait que le "sentiment d’impunité" des mineurs est à l’origine des "émeutes urbaines" et qu’il fallait "réfléchir à la délinquance des adolescents". Tout cela alors que 118 mineurs ont été incarcérés à la suite de ces événements.

Le lendemain, visitant un centre fermé (CEF), Pascal Clément faisait l’éloge de ce type de structure qu’il qualifie "d’éducative" et qui "ferait baisser le nombre d’incarcérations". Rappelons que si le nombre de mineurs incarcérés a diminué entre 2002 et 2005 en passant de 1000 à 700, ce chiffre avait suivi le chemin inverse de 2000 à 2002, évoluant de 650 à 1000, durant la campagne électorale présidentielle axée sur la sécurité. De plus, un amendement voté à la loi sur la récidive autorise d’enfermer un mineur en CEF pour une période de 4 mois renouvelable une fois après qu’il ait été détenu 24 mois en préventive. Cela montre bien qu’en plus d’être une antichambre de la prison (33 % des mineurs ont été incarcérés durant leur placement), les CEF deviennent le prolongement de la prison, se transforment eux-mêmes en prison.

Parallèlement, la direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) a décidé de fermer un certain nombre de structures d’hébergement et diminue ainsi la capacité de prise en charge éducative des jeunes en difficulté. Les foyers de Montpellier, Marseille, Brignoles et La Rochelle ont suspendu leur fonctionnement sur décision de l’administration ; ceux de Mulhouse et de Lorient sont menacés.

Enfin, pour des raisons budgétaires, 8 services éducatifs auprès du tribunal (SEAT) vont être supprimés sur les 10 existants encore. Seules des économies de moyens et de personnels expliquent ces fermetures et non un souci de mieux répondre aux besoins des juridictions.

À travers ces déclarations et ces fermetures, c’est un plan d’ensemble de casse de l’éducatif qui est en train de se réaliser à la PJJ. Les structures permettant réellement une prise en charge éducative sont sacrifiées au profit des CEF et des futurs établissements pour mineurs (EPM). Le travail effectué auprès des jeunes les plus en difficulté se fera peu à peu exclusivement à partir de l’enfermement et de l’incarcération au détriment des hébergements éducatifs et du Milieu Ouvert (MO).

C’est véritablement à la suppression du service public d’éducation au ministère de la justice qu’est la PJJ, à laquelle nous assistons.


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