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Réaction de la FSU au rapport de la cour des comptes sur les "enseignants sans classe"

mercredi 25 mai 2005  Enregistrer au format PDF


[...] Vous avez souhaité connaître la réaction de la FSU au rapport de la Cour des Comptes « les personnels enseignants sans classes ». Vous trouverez exposée dans ce courrier notre analyse complétée par deux documents en annexe.

Les auteurs du rapport accumulent des données chiffrées, peu contestables pour la plupart, mais donnant lieu à des marges d’interprétation très importantes. Le rapport précise d’ailleurs d’emblée que la méthode choisie, du fait des ambiguïtés de classement, aboutit à des valeurs approchées. Doux euphémisme si l’on s’en réfère aux conclusions qui précisent, elles, que selon l’approche, 6 à 12% de l’effectif total des enseignants correspondent à ce profil caractérisé par « l’éloignement des fonctions de recrutement ». Il donne ainsi le sentiment d’être construit à partir du présupposé que les moyens attribués à l’Education Nationale sont sous utilisés, voire pour une part détournés de leurs objectifs.

Ainsi la question du champ des missions de l’Education Nationale se pose-t-elle pleinement. La vision induite par les auteurs limite de fait le métier enseignant à l’acte pédagogique en présence d’élèves du premier et second degré, en ignorant d’une part toutes les évolutions du métier et les contraintes afférentes (besoins de coordination, de formation, de concertation...), d’autre part l’extension des missions à différents publics et la participation à diverses actions. On peut ainsi s’interroger sur une conception du métier enseignant qui écarterait les personnels de l’EN des actions de formation dans les Greta, du sport scolaire, ou de l’enseignement à l’étranger, l’enseignement à distance, l’enseignement en milieu pénitentiaire ou en milieu hospitalier, etc...

Présenter comme sans activité pédagogique les conseillers pédagogiques (3350 ETP), les enseignants à temps plein ou partagé en IUFM ou dans le supérieur (universités ou IUT) ne peut relever d’une approche sérieuse.
Quant aux enseignants chargés de mission ou utilisés à des fonctions administratives, ce n’est pas leur apport qui est contestable mais des pratiques budgétaires qui distraient une partie des moyens d’enseignement donnés au titre de l’enseignement scolaire. Les solutions sont à regarder en ce sens et non en cherchant à limiter le droit pour les personnels à une mobilité tant prônée par ailleurs.
Quant aux décharges statutaires, elles sont pleinement justifiées par une évolution du métier qui a fortement accru la charge de travail (diversité des publics, massification en lycée, part croissante du travail « invisible » du fait du travail collectif, de l’appartenance aux différentes équipes éducatives, des évolutions didactiques etc...). L’heure de première chaire ne suffit d’ailleurs plus à compenser les surcharges de travail. Pour les enseignants des établissements ZEP et sensibles, évoqués dans le rapport, des mesures sont en effet urgentes qui consisteraient à réduire les maxima de service. Les décrets de 1950, conçus à une époque où le métier enseignant relevait davantage de la prestation individuelle que de l’inscription dans une équipe, où les publics scolaires étaient en adéquation avec la culture scolaire ne couvrent plus actuellement la totalité de la réalité du métier et une extension serait nécessaire (maintenance informatique, coordination de ZEP etc...) non une diminution.

A propos de l’UNSS, la Cour des Comptes a-t-elle seulement pensé à évaluer les retombées éducatives positives du sport scolaire dans les lycées et les collèges ? Est-elle à court « d’indicateurs » ?
S’agissant du service des enseignants d’EPS et au-delà de la vision caricaturale et méprisante de l’enseignement de l’EPS qui prévaut dans ce rapport et évoque celle déjà portée par le fameux « socle commun », seul l’objectif préalablement établi semble importer : réduire la dépense publique sur le champ de l’éducation physique et du sport scolaire et proposer pour les enseignants d’EPS un service qui passerait (hors AS !) à 25h (professeurs) et 23h (agrégés).

Tout en soulignant « qu’on peut rencontrer, dans d’autres organisations, des taux de décharge syndicale plus élevés » et que celles-ci ne sauraient être contestées, le rapport ne les intègre pas moins dans les 32 000 équivalents temps plein « hors enseignement » dont la commission des finances demande au « Gouvernement de préciser clairement la justification ».

Enfin, le passage sur le remplacement, sujet ayant largement inspiré les auteurs du rapport met crûment à jour l’ignorance des réalités de l’enseignement : un remplaçant efficace serait un remplaçant utilisé à 100%. Etrange paradoxe puisque il serait alors dans l’incapacité justement de répondre aux besoins ayant justifié la création de postes de titulaires remplaçants : la disponibilité pour des remplacements imprévus, de courte et moyenne durée. Décompter alors un taux d’inoccupation estimé à 9500 ETP relève de la mauvaise foi ! De même affirmer que les titulaires remplaçants rattachés à une école ou à un établissement sont en « doublette » de collègues titulaires d’un poste est juste ; feindre d’en ignorer la raison peu sérieux ! Pour que le remplaçant soit disponible pour un remplacement, il ne faut pas qu’il ait de classes en pleine responsabilité ; ce qui ne l’empêche pas d’accomplir des taches pédagogiques utiles aux élèves entre deux remplacements.

La FSU est disponible, notamment à l’occasion d’une rencontre, pour expliciter son point de vue sur différents aspects que vous souhaiteriez approfondir avec elle. » [...]

12 mai 2005


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