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Relancer le mouvement des chômeurs

vendredi 23 mars 2012  Enregistrer au format PDF

Relancer le mouvement des chômeurs : une préoccupation syndicale qui concerne pleinement la FSU


L’augmentation des chiffres du chômage depuis le début de la crise, et qui devrait connaître une explosion plus grande encore dans le futur avec les effets dévastateurs des mesures d’austérité, justifie à elle seule que le syndicalisme se préoccupe de nouveau de l’organisation des salariés privés d’emplois.
Un mouvement des chômeurs est primordial pour créer des liens entre les salariés et les privés d’emploi, pour rendre visibles les chômeurs quand ceux-ci « disparaissent » en perdant leur emploi ; la crédibilité des organisations syndicales serait confortée par ce lien. C’est aussi important pour combattre les idées selon lesquelles les chômeurs sont des profiteurs de l’Etat-Providence, comme le discours de la droite au pouvoir le laisse entendre de plus en plus et mettre en lumière toutes les questions que posent la situation de chômeur (besoins sociaux, droits...). Les offensives de Sarkozy avec ses propositions de référendum démontrent l’importance des enjeux politiques à relever pour contrer les tentatives d’opposition des salariés entre eux, pour le plus grand profit du patronat.
Il faut aussi penser qu’un tel mouvement doit permettre de prendre contact avec un autre type de privés d’emploi : ceux qui ne sont encore jamais parvenus à intégrer le marché du travail : les jeunes, diplômés ou non.

La reconstruction du mouvement social des chômeurs passe aujourd’hui principalement par un investissement convergent des organisations syndicales.
Cet engagement des organisations syndicales doit permettre de prendre en charge le droit à l’information des chômeurs sur leurs droits, le suivi et l’accompagnement dans le temps de ceux qui sortent de l’emploi, d’organiser la lutte pour des droits nouveaux et de fait permettra un lien avec les grandes victimes de la crise actuelle : les femmes et les jeunes.

Bien des préoccupations et des pratiques de la FSU peuvent fonder sa participation à la reconstruction d’un mouvement des salariés chômeurs :
Son action en direction des précaires des FP est variée :
création et co-animation de collectifs de précaires suivi des dossiers de titularisation, de reclassement batailles diverses pour l’application et le respect des droits des non-titulaires et des personnels en contrats-aidés… soutien juridique à des contrats aidés dont les droits non pas été respectés (victoires aux prud’hommes pour défaut de formation ou reconduction illégale de contrats)

- Le travail de son syndicat implanté à Pôle Emploi : le SNU Pôle emploi est la première organisation dans son secteur et avec 80% du personnel de statut privé, la question de la précarité (multiplication de contrats à durée déterminée pour faire face aux manques de personnels) se pose de façon permanente et est devenue une des batailles centrales

- Ses syndicats souvent majoritaires dans le secteur de l’éducation et de la formation, donc soucieux de la délivrance et de la reconnaissance des qualifications, y compris professionnelles.

- Son action dans le secteur de l’animation où elle est amenée à suivre les situations de salariés qui relèvent de contrats de droit privé

- par différents biais nous avons une solide expérience d’investissement depuis de nombreuses années dans le mouvement social des chômeurs

- Plus généralement ses préoccupations en matière de droits des travailleurs lui ont permis d’élaborer un corpus revendicatif sur la question de la précarité et du chômage et notamment sa revendication de la sécurité sociale professionnelle :

« Avec ses partenaires syndicaux, la FSU doit contribuer à l’élaboration d’un statut du salariat, prenant appui sur les droits actuels les plus protecteurs et étendu à de nouveaux droits qui protègent les salariés du fonctionnement destructeur du capitalisme. L’objectif est de créer des dispositifs leur garantissant la continuité de leurs droits quelle que soit la situation effective des personnes (activité, chômage, formation...).Ces dispositifs doivent être financés par un fonds mutualisé alimenté par une contribution patronale. Seraient ainsi garantis notamment le niveau de rémunération, la reconnaissance de la qualification professionnelle, de la carrière, le droit à la retraite et à la formation. » (Lille 2010)

Dans les textes de congres fédéraux nous avons aussi développé la nécessité de la présence démocratique des organisations de chômeurs dans toutes les instances ou leur sort est impliqué.


Pour la FSU, nous pourrions mettre en avant plusieurs points :

- la précarité et le chômage jouent contre les droits de tous et représentent une arme qui est un frein aux revendications salariales (rémunérations, non reconnaissances des qualifications...), créant une solidarité objective entre travailleurs (fonctionnaires compris) et privés d’emploi ou privés d’emploi stable.

- La nécessité de prendre part à un choix de société dans lequel deux modes de partage du travail s’opposent et dégagent des perspectives sociales très différentes :

· le partage du temps de travail (travailler tous mais moins) qui œuvre dans le sens du progrès social et de l’émancipation de tous par le travail (la conception socialiste du partage du travail)

- le partage du travail entre ceux qui en ont un et ceux qui en sont privés pour permettre une pression à la baisse sur tous et sur tout le droit du travail (la conception libérale du partage du temps de travail qui permet casse des droits, des statuts...).

- Nous avons été confrontés très directement à ce choix avec notre bataille contre les heures supplémentaires et contre le deal de Sarkozy « augmentation des salaires ou revalorisation contre suppressions de postes » et plus généralement depuis l’instauration de la LOLF qui, par la mise en place aux niveaux déconcentrés de budgets plafonnés pour la masse salariale opposent de fait emplois et rémunérations et par la fongibilité asymétrique qui oppose fonctionnement et emplois.

- La cohérence avec nos revendications de « services de qualité » pour tous qui réclament des emplois codifiés, des droits pour les personnels (formation, conditions de travail rendant réalisable le service de qualité pour tous...) et une haute exigence de norme d’emploi (exemple pour la Petite Enfance ou l’accompagnement des personnes). L’emploi précaire et le côté « kleenex » qu’il suppose n’est pas compatible avec le degré de professionnalisme qu’exige le service public tel qu’on le définit (accès garanti à des secteurs maintenus hors des logiques et du champ des marchés, couvrant les droits sociaux déterminés après la seconde guerre et ceux qu’il reste à construire, à reconstruire ou développer).

- Les besoins sociaux des travailleurs pauvres (précaires de la FP, temps partiels imposés...), de la plupart des salariés actifs ou retraités et des chômeurs ont tendance à se rapprocher : besoins de logements , besoins de garde d’enfants, accès à la santé, à la culture...

Note distribuée au CDFN


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