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Réunion des fondateurs

mercredi 6 juillet 2005  Enregistrer au format PDF


La presse a fait état d’informations partielles sur la réunion des fondateurs d’ATTAC, ce texte est destiné à faire le point.

1.Rappels

Les statuts d’ATTAC prévoient l’existence d’un collège de fondateurs qui est constitué d’organisations, de journaux et revues (le Monde Diplomatique, Politis, Alter Eco,...) et de personnalités (Susan Georges, Gisèle Halimi, José Bové, Jacques Nikonoff). Il y a actuellement une soixantaine de fondateurs (parmi lesquels la FSU, le SNESup, le SNES, le SNUIPP) ; les fondateurs peuvent à la majorité des 2/3 élargir ce collège à de nouveaux « fondateurs ». Ces mêmes statuts précisent que le CA est composé de 30 membres, dont 18 figurant sur une liste issue du collège des fondateurs et le président doit figurer sur cette liste. Lors du dernier renouvellement, Jacques Nikonoff avait été coopté dans le collège afin d’être élu. La réunion des fondateurs avait donc pour but d’élaborer cette liste ; un des enjeux était donc la présidence d’ATTAC. Or cette rencontre intervenait dans un contexte marqué par des débats plus ou moins anciens.

Le premier portait sur le fonctionnement d’ATTAC, la place des fondateurs et celles des membres dits « actifs » rassemblés dans les comités locaux. La FSU, comme d’autres organisations, avait pris position pour une meilleure participation des « actifs » et un rééquilibrage dans le CA et le bureau ainsi que pour la possibilité d’accéder aux fonctions de président, vice-président, secrétaire général sans être « fondateur ». Ces propositions se heurtaient à des statuts très rigides et difficiles à modifier, si des évolutions ont eu lieu (par exemple addition au CA de 6 membres « actifs » sans voix délibérative) elles sont insuffisantes. ATTAC avait mis en place une commission sur le fonctionnement qui n’a pas abouti à un accord.

En fait derrière cette question de la place des fondateurs et des statuts se dessine un autre débat : celui de la fonction et de la spécificité d’ATTAC : doit-elle devenir une association comme les autres dans le mouvement social avec un projet propre ou rester un mouvement qui rassemble des adhérents mais aussi des organisations venant d’horizons divers et permet un travail en réseau. Pour la FSU c’est bien sûr le second terme qui doit prévaloir et les évolutions nécessaires des statuts doivent préserver cette spécificité.

Une troisième question s’articulait avec les précédentes : le fonctionnement de la direction actuelle. Ce fonctionnement est marqué par de nombreux conflits au sein du bureau et notamment entre le président et une partie du bureau comprenant les 3 vice-présidents ; il va à l’inverse de la nécessité de synthèse indispensable à une organisation comme ATTAC.

Enfin dernier élement, la tentative lors des européennes de promouvoir des listes « 100% altermondialistes » liées à ATTAC et positionnant de fait l’organisation sur le champ des partis : cette tentative n’avait pas abouti mais a laissé des traces dans l’organisation.

2.Les positions au départ de la réunion.

Dans ce contexte un certain nombre de membres du bureau au titre des fondateurs, parmi lesquels les 3 vice-présidents et tous les membres appartenant à un syndicat (CGT, Solidaires, FSU), ont proposé quelques jours avant la réunion que le collège des fondateurs ouvrent la possibilité d’une pluralité de candidatures à la présidence et coopte Jacques Cossart, secrétaire général du conseil scientifique.
Jacques Nikonoff a réagi avec un long texte proposant une « élection présidentielle ». Il s’agissait d’organiser un scrutin au suffrage direct entre des candidats soutenus par des fondateurs divers, le collège des fondateurs enregistrant le résultat et composant sa liste statutaire en conséquence.

3.Le débat

Il est apparu rapidement que la proposition de J.Nikonoff avait le soutien très actif de B.Cassen, lequel défendait l’idée qu’il ne s’agissait pas d’une proposition antistatutaire. La FSU pour sa part a exprimé la demande que la réunion ouvre un processus de concertation visant à rechercher un consensus pour la liste et la direction et que toutes les possibilités restent ouvertes ; elle a exprimé également son désaccord avec la proposition de J.Nikonoff et B.Cassen en soulignant que le dispositif proposé transformait de fait l’association et pouvait générer des oppositions fortes entre adhérents au lieu de les rassembler ; en revanche elle a renouvelé sa demande que soit engagé un processus de révision des statuts visant à une meilleure participation des adhérents.

La grande majorité des « fondateurs » se sont exprimés contre la modalité d’élection déposée par le président, beaucoup arguant de son caractère antistatutaire ; nombre d’entre eux ont exprimé leur accord avec les propositions de la FSU. J’ai donc formulé des propositions précises en suggérant qu’un groupe se réunisse pour finaliser un texte :
Affirmer clairement la demande des fondateurs que les statuts soient révisés et que le prochain CA donne mandat à la nouvelle direction d’aboutir avant l’élection suivante.
Appliquer les statuts pour la présente élection en se donnant un peu de temps pour la concertation et en mandatant une commission réduite pour mener cette concertation au sein des « fondateurs » mais aussi des membres « actifs du CA »
Cette proposition a été acceptée et un groupe de travail a élaboré un texte reprenant ces idées, précisant le calendrier (la réunion des fondateurs tirant les conséquences de la concertation aura lieu le 3 septembre et la composition de la commission : JP.Beauvais - Politis, Gus Massiah - CRID, Daniel Rallet - FSU, Gisèle Halimi). Il a également été convenu qu’il n’y aurait pas vote sur l’élargissement du collège des fondateurs mais qu’il aurait lieu si nécessaire à l’issue de la concertation.

C’est cette proposition qui a fait consensus et ce texte qui a été adopté : le processus se poursuit donc.

Gérard Aschieri - 28 juin 2005


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