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Roger Forget (50)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Fin de vie : faut-il en débattre ?

" Permettre une vie digne et pleine , quel que soit l’âge" (Thème III , p 36 du suppl. au Pour n° 115). N’est-ce pas l’objectif majeur de l’action de la FSU dans tous les domaines ? Mais que faire quand, à la suite d’une maladie, d’un accident, ces conditions de vie ne sont plus possibles ?
Certains penchent pour les soins palliatifs ; on peut déplorer qu’ à peine 30% des besoins soient couverts, mais le seraient-ils à 100%, tout le monde sait qu’ils sont inopérants dans les situations extrêmes . Qu’aurait pu l’ écoute attentive et ouverte dans le cas de Paulette Druais, atteinte d’un cancer du pancréas en phase terminale et dont la famille ne pouvait plus entrer dans la chambre tant son agonie était atroce ? C’est pour avoir abrégé ses souffrances de 48 heures que Laurence Tramois (médecin) et Chantal Chanel (infirmière) comparaîtront en mars 2007 devant les assises de la Dordogne*, suite à une dénonciation...
D’autres estiment que la loi Léonetti (22.04.05) est satisfaisante puisqu’elle reconnaît à chacun(e) la possibilité de rédiger des "directives anticipées", portées par une "personne de confiance" dans le cas où le (la) patient(e) n’est plus en mesure d’exprimer sa volonté. Le problème est que ces directives n’ont pas de valeur légale : "Le médecin en tient compte"... ou non ! Et il arrive que ce soit non ...
La loi Léonetti, si elle refuse l’aide à mourir, reconnaît le droit au "laisser mourir". Mais dans quelles conditions ? Essentiellement par arrêt de l’hydratation, "traversée du désert", "dessèchement" selon nombre de médecins qui se demandent si la mort par déshydratation est plus humaine que l’aide à mourir par injection d’un produit sédatif à forte dose. "Était-il éthique de laisser cette patiente (P. Druais) mourir dans de telles conditions ?" demande Laurence Tramois (Le Monde - 4.07.06). Il ne faudrait pas croire en effet que beaucoup de médecins ne soient pas favorables à une évolution de la législation ; lorsque le Comité Consultatif National d’Éthique a admis en 2000 qu’il puisse y avoir "exception d’euthanasie", 46% des praticiens s’y sont déclarés plutôt favorables et 24% très favorables (sondage de la revue "Impact Médecin Hebdo"). Actuellement, la revue "Pratique", organe du syndicat majoritaire des généralistes MG France, diffuse dans le corps médical une pétition intitulée "Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir humainement" ...et demandant l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires, ainsi qu’ une révision de la loi... dépénalisant sous conditions les pratiques d’euthanasie...(cf.aussi Le Monde diplomatique de novembre). Ne faut-il pas au moins saluer cette courageuse initiative ?
"Certes, conclut L.Tramois sa prise de position du 4 juillet, les cas de fin de vie comme Paulette Druais sont exceptionnels, mais ils sont bien réels. Nier leur existence, nier l’impuissance ou les limites d’une médecine palliative, nier la nécessité d’un encadrement légal, n’est-ce pas là manquer de respect à notre nature humaine ?

La FSU me paraît tout à fait fondée à proposer, avec un nombre croissant de personnalités, de partis politiques, syndicats et associations, l’ouverture d’un débat national sur l’épineux problème de la fin de vie .
Faut-il rappeler que pour des faits similaires Marie Humbert et le Dr. Chaussoy ont obtenu


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