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Roland Hubert (SNES)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Expérimenter pour quels changements ?

Le système scolaire doit trouver un nouvel élan pour démocratiser l’accès aux savoirs et aux qualifications. Il a un besoin vital de développer l’innovation, laboratoire des changements nécessaires. Mais il n’a pas celui de déréglementer par l’expérimentation « bricolage » dans les établissements sur leurs moyens propres comme le prévoit la loi Fillon.
Il faut regarder lucidement les progrès accomplis ces 20 dernières années et les faiblesses récurrentes qui ont induit des obstacles nouveaux, obstacles que les personnels connaissent pour les vivre au jour le jour, voire en souffrir. Le découragement l’emporte parfois et fait douter de la pertinence des objectifs que nous nous fixons. La responsabilité de la FSU est de redonner l’espoir, la conviction que conduire toute une génération au moins au niveau IV est possible, que permettre à tous nos élèves et étudiants de trouver leur place dans notre système sans exclusive ni ségrégation n’est pas une utopie, que retrouver des conditions d’exercice de nos métiers qui nous permettent de transcender nos difficultés est réalisable ! A l’opposé, à partir du présupposé d’enseignants incapables de changer leur pratique, on voit fleurir les recommandations ou injonctions qui tentent d’imposer « des bonnes pratiques », de réduire les objectifs d’enseignement à un empilement hétéroclite de compétences prétendues transversales pour masquer leur flou et leur manque de consistance. Ce n’est pas par la culpabilisation, la remise au pas des personnels ou leur adhésion forcée à des solutions inadaptées que le système éducatif trouvera un nouveau souffle, et que l’on pourra imaginer les parcours de réussite qui restent à construire.
Quel progrès représente aujourd’hui pour le système la mise en place, dans le cadre de pénurie organisée, de solutions particulières qui mettent en péril l’égalité de tous sur tout le territoire ? Avec quel support théorique les équipes ont-elles la possibilité de redéfinir des équilibres disciplinaires et horaires ? Quelles seront les conséquences sur la lisibilité du système éducatif quand chaque établissement pourra décider seul de l’offre de formation, voire des programmes mis en œuvre et de leur évaluation ? Quel encadrement de l’expérimentation l’administration sera-t-elle en mesure d’offrir à tous les établissements quand on connaît les maigres moyens alloués à la formation continue par exemple ?
L’expérimentation ne peut être le rejet de la responsabilité sur les équipes de la mise en œuvre d’une politique de renoncement fondée


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