Pour Info - FSU - En ligne


SNUEP (Secrétariat National)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Un redémarrage du système éducatif, mode sans échec. Est-ce possible ?

Les PLP sont doublement intéressés par cette question. Ils ne toléreront pas indéfiniment l’aggravation des difficultés dans l’exercice de leur métier liée à l’extrême démotivation de certains élèves découragés par des années d’échec. Au nom de la satisfaction de principes idéologiques, de plus en plus en contradiction avec la réalité, faut-il faire du collège unique un tabou et continuer à sacrifier des générations d’élèves ?
Ils restent persuadés qu’en proposant d’autres parcours à ces élèves on pourrait amener la quasi-totalité d’une classe d’âge au niveau Bac. La dernière phase de démocratisation, qui remonte à plus de 20 ans, n’a-t-elle pas été portée essentiellement par l’enseignement professionnel avec la création des bac pro ? Ce qui a été possible pour les uns devrait l’être pour la dernière fraction qu’il reste à faire réussir.
A quelles conditions une nouvelle étape de démocratisation pourrait-elle s’opérer ?

- Redonner du sens aux études, pour les jeunes des quartiers défavorisés notamment, passe par l’espoir de trouver un emploi stable justement rémunéré à la hauteur des qualifications obtenues et donc par de profonds changements dans les politiques économiques et sociales.
- Le dépistage et le traitement des difficultés de toutes natures le plus tôt possible, la diversification des méthodes et pratiques pédagogiques, l’introduction, pour tous, de savoirs à base technologique... permettraient sans doute de raccrocher plus d’élèves à la réussite.
- Mais le plus important est de ne pas maintenir les élèves en échec au collège, il faut trouver pour eux, dans le service public d’éducation, des solutions appropriées. L’enseignement professionnel n’a pas vocation à traiter la difficulté scolaire, mais on pourrait néanmoins s’inspirer de son expérience : les enseignements professionnels, comme matières principales, permettent en général une remotivation des élèves réputés jusqu’alors en difficultés. Au-delà du « professionnel » l’expérience pourrait s’étendre à d’autres domaines de connaissances : arts, sports, nature et environnement, sécurité-aide aux personnes-humanitaire, langues vivantes... mais aussi aux grandes familles de métiers sans donner de caractère professionnalisant. Il s’agirait alors de construire avec l’élève un parcours d’études fondé sur son centre d’intérêt, susceptible de lui faire retrouver le sens des études et de l’amener au niveau BAC ou à défaut dans certains domaines de lui permettre d’obtenir un CAP. Les élèves qui choisiraient ces parcours seraient regroupés dans des structures à effectif réduit, bien encadrées par des personnels volontaires et formés, implantées dans des collèges ou Lycées présentant les compétences et les matériels liés aux domaines d’intérêt de ces élèves.
Que vaut-il mieux pour ces jeunes : les sortir momentanément du moule unique, tout en les gardant dans le service public d’éducation, avec l’ambition de les conduire jusqu’au niveau bac ou les livrer à l’apprentissage par lequel ils n’atteindront


RSS 2.0 | Plan du site | Réalisé avec SPIP | Site national de la FSU